Criminalité

26 septembre 2020 15:40; Act: 26.09.2020 15:44 Print

Les clans mafieux gangrènent la Suède

La police et le gouvernement suédois tirent la sonnette d’alarme. Les fusillades et autres règlements de comptes violents se sont multipliés de façon inquiétante dans le plutôt paisible pays nordique.

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Le ministre de l’Intérieur dit s’inquiéter de la montée de ces mafias.

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En Suède, la police et le gouvernement tirent la sonnette d’alarme sur l’emprise de plusieurs dizaines de clans mafieux qui sévissent selon elle dans le royaume. Les fusillades et autres règlements de comptes violents se sont multipliés de façon inquiétante dans le plutôt paisible pays nordique.

Faisant fi des autorités au nom du clan, ces «gangs familiaux» exercent désormais une influence considérable dans plusieurs quartiers défavorisés des grandes villes suédoises, sans que le gouvernement ni la police ne trouvent de parade vraiment efficace, déplorent des experts.

«C’est un poison dans notre société dont nous devons nous débarrasser», a déclaré début septembre le Premier ministre suédois Stefan Löfven.

Explosions et trafics de drogue

Explosions de grenades dans des immeubles, voitures plastiquées, trafics de drogue, chantages viennent nourrir les pages de faits divers, quand les témoins sont souvent trop effrayés par les représailles pour témoigner.

«Vous avez vu le film «Le Parrain ?’», demande à l’AFP la journaliste Johanna Backström Lerneby, auteure d’un livre sur l’une des plus célèbres familles criminelles en Suède, «alors vous voyez ce que c'est».

Plusieurs personnes liées au clan que la journaliste explore dans son livre «La famille» ont fait parler d’eux en août, lorsqu’un conflit a éclaté avec une bande rivale. Prenant la place de la police, ils ont installé des barrages routiers de fortune dans leur quartier difficile de Göteborg, Angered, arrêtant voitures et demandant cartes d’identité à quiconque passait. Afin de «protéger les résidents et les enfants du secteur», a argué l’un d’entre eux à la télévision SVT.

Autorités sur la touche

Les hostilités ont cessé fin août. Mais pas grâce à la police: l’épilogue est intervenu lors d’une réunion de membres de plusieurs gangs dans un hôtel de Göteborg.

«C’est extrêmement frustrant», reconnaît l’officier de police locale Fredrik Terje. «Ce sont ces réseaux criminels qui ont conclu un accord de paix et fixé un programme, alors que nous, les autorités, sommes restées sur la touche», a-t-il déclaré à SVT.

La question a ressurgi à la Une des médias ces derniers jours depuis que le chef adjoint de la police nationale, Mats Löfving, a déclaré publiquement qu’il y avait «au moins 40 gangs criminels familiaux» en Suède.

Ces familles, selon lui, sont arrivées en Suède uniquement dans le but de commettre des délits, apportant avec elles leurs systèmes parallèles. Le haut responsable policier les soupçonne également d’être capables de peser dans les sphères politique et des affaires, notamment dans les quartiers à forte population immigrée.

Situation «stressante»

Globalement paisible, la Suède compte un faible taux d’homicide – 1,07 pour 100'000 habitants en 2018, contre 2,39 pour la moyenne européenne, selon Eurostat.

Le ministre suédois de l’Intérieur dit toutefois s’inquiéter de la montée de ces mafias. «Ces réseaux existent depuis un certain temps en Suède. Ils ont pu s’implanter, en particulier dans les zones vulnérables de Suède, où l’Etat n’est pas assez présent», a déclaré Mikael Damberg dans une interview à l’AFP.

«Nous travaillons intensivement, 24 heures sur 24, et malgré cela, d’importantes violences se poursuivent (...), nous ne reculons pas et nous n’abandonnons pas, mais la situation actuelle est très stressante», a déclaré fin août le chef de la police nationale, Anders Thornberg.

Au cours du premier semestre 2020, 20 personnes ont été tuées dans 163 fusillades dans le royaume de 10,3 millions d’habitants, selon la police. L’an passé, 42 personnes avaient perdu la vie, pour 334 incidents.

(L'essentiel/afp)