29 morts, 42 blessés

04 août 2019 12:50; Act: 04.08.2019 12:59 Print

Les États-​​Unis sont encore une fois sous le choc

Vingt-neuf personnes sont mortes sous les tirs de tireurs fous aux États-Unis à quelques heures d'intervalle, à El Paso et Dayton.

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Neuf personnes ont été tuées au cours d'une fusillade dans la nuit de samedi à dimanche à Dayton, dans l'Ohio (nord-ouest des États-Unis), a annoncé la police. Moins de 24 heures plus tôt, une autre fusillade avait fait 20 morts au Texas (sud).

«Le tireur est mort. Il y a neuf autres morts. Au moins 16 autres personnes ont été hospitalisées pour des blessures», a indiqué la police de Dayton dimanche matin sur Twitter. «Le tireur est mort des blessures par balles reçues lors des tirs de riposte des policiers», a précisé un officier de la police locale, Matt Carper, soulignant qu'aucun policier n'avait été blessé. La fusillade s'est produite un peu après 1h du matin dans le quartier animé d'Oregon, habituellement «une zone très sûre du centre-ville» de Dayton, a ajouté M. Carper devant la presse.

Nombreuses munitions

Le suspect a ouvert le feu dans la rue «avec une arme à canon long et de nombreuses munitions». «Par chance, nous avions plusieurs policiers dans le quartier lorsque cet incident a débuté, aussi y a-t-il eu un très court épisode de violence, on a eu beaucoup de chance», a-t-il ajouté.

«C'est un incident très tragique et nous faisons tout notre possible pour essayer de déterminer les motivations» du tireur et pour savoir «si quelqu'un d'autre était impliqué», a indiqué Matt Carper. Le FBI est également sur place pour porter toute l'assistance nécessaire, a précisé M. Carper.

Crime à caractère raciste

Samedi matin, un autre tireur a semé la mort dans un centre commercial d'El Paso, au Texas. Il a tué vingt personnes venues faire leurs courses, dont trois Mexicains, avant d'être interpellé et placé en garde à vue par la police qui soupçonne un crime à caractère raciste.

La fusillade, survenue aux abords d'un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, a également fait 26 blessés, dont certains se trouvaient dans un état critique. Des vidéos amateurs montraient des scènes de chaos, avec des clients qui courent pour se mettre à l'abri, et des corps inanimés au sol. La police a placé en garde à vue un homme blanc de 21 ans et enquête sur un possible motif «haineux», ce qui aux États-Unis désigne les attaques motivées par l'origine, la religion, ou encore l'orientation sexuelle des victimes.

«Invasion hispanique»

Un manifeste, attribué au tireur et circulant sur internet, dénonce notamment «une invasion hispanique du Texas» et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

Ville frontalière de 680 000 habitants faisant face à la métropole mexicaine de Ciudad Juarez, El Paso compte une population à 83% hispanique, selon des statistiques de 2018. Elle a connu en moyenne 18 meurtres par an ces cinq dernières années, un niveau bien plus bas que dans d'autres villes américaines d'une taille comparable. Le président Donald Trump a dénoncé une fusillade «tragique» et «un acte lâche». «Il n'y aura jamais de raisons ou excuses pour justifier le meurtre de personnes innocentes», a-t-il tweeté.

«Trump attise le racisme»

Le candidat à la primaire démocrate Beto O'Rourke, originaire d'El Paso, a de son côté accusé Donald Trump d'encourager le racisme. «Nous assistons à une augmentation des crimes haineux chaque année depuis trois ans, sous une administration dont le président traite les Mexicains de violeurs et de criminels», a-t-il dénoncé après avoir rendu visite aux victimes à l'hôpital. «Trump est un raciste et il attise le racisme dans ce pays», a-t-il accusé.

Comme après chaque bain de sang, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une meilleure régulation du marché des armes à feu. «Il est grand temps d'agir et de mettre un terme à cette épidémie de violences liée aux armes», a ainsi tweeté l'ancien vice-président Joe Biden, favori de la course à la primaire démocrate. «L'Amérique est attaquée par un terrorisme intérieur de nationalistes blancs», a dénoncé un de ses rivaux, Pete Buttigieg.

(L'essentiel/afp)