Désastre écologique

25 novembre 2017 14:22; Act: 25.11.2017 14:32 Print

Les «îles de déchets» dans la mer des Caraïbes

En mer des Caraïbes, des amas de détritus flottants témoignent de la catastrophe environnementale qui touche la région.

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Au large de certaines plages paradisiaques des Caraïbes, des amas de détritus flottants témoignent de la catastrophe environnementale qui se joue en silence, lorsque des rivières polluées se jettent dans la mer, dénoncent autorités, habitants et militants. Ces «îles de déchets» ont été capturées en images par la photographe Caroline Power, qui vit sur l'île hondurienne de Roatan. L'étendue filmée cette fois-ci «est toute petite comparée à celles que l'on trouve dans les océans Atlantique et Pacifique», assure-t-elle.

On y voit des couverts jetables, des sacs et tout types de récipients en plastique. Le problème est que ces déchets «continuent de se déverser dans nos océans, ce qui abouti à la formation de ces accumulations», déclare-t-elle.

C'est une catastrophe environnementale», dénonce Leonardo Serrano, maire-adjoint d'Omoa, une ville côtière au nord du Honduras. Dans ce petit pays d'Amérique centrale, on accuse le Guatemala voisin, où la rivière Motagua parcourt des centaines de kilomètres, recueillant sur son passage les résidus d'une trentaine de communes, avant d'atteindre la mer côté hondurien.

Caroline Power relativise en rappelant qu'on «ne sait pas d'où proviennent les ordures». «Une des principales sources (de pollution) sont les rivières au Honduras et au Guatemala», admet-elle cependant. «Mais le reste peut provenir de n'importe où. Ca pourrait venir, via les courant, d'un peu partout en Amérique centrale ou dans les Caraïbes. Certains microplastiques flottent depuis des années».

«Intoxiqués après avoir avalé du plastique»»

À la saison des pluies, de mai à décembre, les vagues rabattent ces débris sur les plages de la région d'Omoa, raconte le responsable local du tourisme, Amilcar Fajardo. En marchant le long de la côte, il montre des bouteilles, des déchets hospitaliers et des tubes d'aérosols, le tout aux emballages guatémaltèques, pour appuyer la théorie du Honduras.

Nancy Calix, une biologiste marine, explique que seuls les ordures flottantes sont visibles à la surface de l'eau, le reste repose au fond de la mer, endommageant la faune et la flore marine. «Nous avons retrouvé des poissons, et même des tortues allant jusqu'à un mètre de diamètre, morts intoxiqués après avoir avalé du plastique», témoigne le chargé du tourisme, Amilcar Fajardo.

«Même des poches de sang»

Le problème dure depuis longtemps, mais a empiré ces dernières années, juge-t-il, au point d'obliger la municipalité d'Omoa à engager des dépenses importantes pour nettoyer ses plages, en vain, des montagnes de déchets recouvrant rapidement à nouveau le sable. Récemment, «nous avons rempli 20 camions à benne de 13 mètres cubes chacun, et ça se voit à peine», détaille le maire Ricardo Alvarado. «On a même trouvé des poches de sang» venant d'hôpitaux guatémaltèques, dénonce-t-il. Parfois, poursuit l'édile, une partie des détritus sont enfouis à même la plage, mais la plupart du temps, ils sont emmenés à la décharge, ce qui représente des frais importants.

Le ministre de l'environnement du Guatemala, Sydney Samuels, a promis cette semaine qu'une usine de traitement des déchets d'une valeur de 1,6 million de dollars verrait le jour sur la rivière Motagua. Sa collègue en charge de la diplomatie Sandra Jovel a rencontré courant novembre les autorités honduriennes pour aborder le sujet. Le 23 octobre, le ministère des Affaires étrangères du Honduras avait envoyé une note à son voisin en regrettant «le manque de résultats concrets».

Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (Puma), 6,4 millions de tonnes de poubelles terminent dans la mer tous les ans, dont la plupart (70%) va au fond, 15% continue à circuler dans ou sur l'eau et le reste s'échoue sur les plages.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • inconnu le 25.11.2017 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pauvre nature me fait de la peine

  • Sandy le 26.11.2017 09:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L’homme est la pire des espèces.

  • Citoyen 57 le 26.11.2017 10:06 Report dénoncer ce commentaire

    Ce phénoméne est trés petit comparé à celui que l'on tait le plus souvent Il existe une zone marine de 3,5 millions de kilometres carrés entierement recouverte de déchets dans le nord est pacifique entre Hawai et la Californie.ou il y a 750 ooo déchets par kilometre carré en surface. Ce coin marin à l'écart des routes maritimes n'est connu que par les scientifiques. Et encore d'autres dépots se forment dans d'autres océans. Triste état caché le plus souvent.

Les derniers commentaires

  • pierre grand le 26.11.2017 11:16 Report dénoncer ce commentaire

    Je ne me fais pas d'illusions. Cela va rester comme ça et ça va augmenter encore, malgré les discours des politiciens. La terre est bien plus polluée que ce qu'on nous montre, si nous sommes déjà choqués par ça, j'imagine ce qui serait si nous connaissions le véritable état écologique de la planète.

  • Citoyen 57 le 26.11.2017 10:06 Report dénoncer ce commentaire

    Ce phénoméne est trés petit comparé à celui que l'on tait le plus souvent Il existe une zone marine de 3,5 millions de kilometres carrés entierement recouverte de déchets dans le nord est pacifique entre Hawai et la Californie.ou il y a 750 ooo déchets par kilometre carré en surface. Ce coin marin à l'écart des routes maritimes n'est connu que par les scientifiques. Et encore d'autres dépots se forment dans d'autres océans. Triste état caché le plus souvent.

  • Sandy le 26.11.2017 09:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L’homme est la pire des espèces.

  • lea le 26.11.2017 02:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L être humain se détruit tout seul . Lorsque la nature va reprendre ces droits (ce qui se passe déja doucement mais sûrement ) les humains auront récolter ce su'ils ont semés!!!

  • inconnu le 25.11.2017 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pauvre nature me fait de la peine