Au Chili

02 juin 2020 07:29; Act: 02.06.2020 10:08 Print

«Les larmes d'un agresseur ne servent à rien»

Face à un déluge de critiques, une campagne sur les réseaux sociaux a été retirée. Elle mettait en scène un homme véritablement condamné pour avoir tué son épouse.

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«Les larmes d'un agresseur ne servent à rien pour en finir avec la violence contre les femmes», a dénoncé le Réseau chilien contre les violences faites aux femmes. (photo: AFP)

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Le gouvernement chilien a retiré lundi, face à un déluge de critiques, une campagne sur les réseaux sociaux montrant un homme véritablement condamné pour le meurtre de son épouse plaider de façon larmoyante contre les violences faites aux femmes. «Ma chère petite fille, ma princesse. En ces jours d'enfermement tu me manques plus que jamais, et je suis très inquiet depuis que je sais que ton petit ami t'a agressée», dit le prisonnier dans cette vidéo.

«Mon âme pleure pour ce qui t'arrive. Peut-être suis-je puni par la vie pour ce que j'ai fait à ta grand-mère. Même si elle n'est plus parmi nous, il ne se passe aucune nuit sans que je ne lui demande pardon pour tout le mal que je lui ai fait», poursuit l'individu, qui conclut: «Il n'est jamais trop tard pour réfléchir et pour demander pardon pour les erreurs du passé». Cette campagne a soulevé un tollé, notamment parmi les organisations de défense des droits des femmes.

«Celui qui a frappé, c'est toi»

«Les larmes d'un agresseur ne servent à rien pour en finir avec la violence contre les femmes», a dénoncé le Réseau chilien contre les violences faites aux femmes. «Ne viens pas avec tes lettres, ne viens pas demander pardon ou la compassion parce qu'ici le coupable, celui qui a frappé, c'est toi», a protesté l'ONG Corporacion Matria. Face aux critiques, la ministre chilienne de la Femme, Macarena Santelices, a présenté ses excuses et annoncé le retrait immédiat de la campagne.

«Un agresseur ne pourra jamais se justifier», a déclaré la ministre, déjà au cœur d'une controverse lors de sa nomination il y a un mois en raison de son absence d'expérience dans le domaine des droits des femmes et pour son lien de parenté avec l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet (1973-1990).

(L'essentiel/afp)