Chaos dans les transports

05 août 2019 07:37; Act: 05.08.2019 08:16 Print

Les manifestants «tentent de détruire Hong Kong»

Alors qu'une nouvelle grève paralyse les transports à «Hong Kong, la dirigeante pro-Pékin Carrie Lam dénonce une situation très dangereuse».

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La dirigeante de l'exécutif, Carrie Lam, accuse les manifestants de vouloir détruire la vie des Hongkongais. (photo: AFP/Anthony Wallace)

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Le chaos s'est abattu lundi matin sur le métro hongkongais, pourtant connu pour sa redoutable efficacité, en raison d'opérations de blocage des rames et d'une grève générale lancée par les manifestants pro-démocratie, pour accroître la pression sur les autorités pro-Pékin. Mais, loin de céder, la cheffe de l'exécutif Carrie Lam est sortie de sa réserve lors d'une rare conférence de presse pour accuser les protestataires de tenter de «détruire» la vie des Hongkongais.

La mégapole, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres, a déjà vécu deux mois de manifestations de plus en plus souvent suivies d'affrontements entre de petits groupes radicaux et les forces de l'ordre. Après de nouveaux heurts dimanche soir, notamment dans le quartier très commerçant de Causeway Bay, des protestataires sont descendus lundi matin à l'heure de pointe dans plusieurs stations clés du réseau hongkongais pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de partir.

Cette action coup de poing a eu pour effet de paralyser le trafic, alors que des files d'attente de milliers d'usagers se formaient dans les couloirs et aux abords des stations. Plus de 100 vols ont en outre été annulés à l'aéroport de Hong Kong, l'un des plus actifs au monde, alors que les autorités du transport aérien mettaient les passagers en garde contre de possibles perturbations.

«Renverser Hong Kong»

Si certains usagers étaient échaudés par ce rare chaos dans les transports en commun d'ordinaire très fiables, beaucoup confiaient soutenir une mobilisation née début juin du rejet d'un projet de loi controversé qui devait permettre d'autoriser les extraditions vers la Chine. Le texte a depuis été suspendu, et le mouvement s'est élargi à des revendications en matière de démocratie et à la dénonciation d'un recul des libertés à Hong Kong alors que de nombreux habitants ont le sentiment que Pékin durcit son emprise sur le territoire rétrocédé par Londres en 1997.

«Le mouvement continuera de s'étendre tant que le gouvernement n'aura pas répondu», a déclaré à l'AFP un fonctionnaire ne donnant que son nom de famille, Leung, alors qu'il tentait de rejoindre son travail. Mais, alors qu'elle avait ces dernières semaines fait profil bas à mesure que la contestation devenait de plus en plus violente, la cheffe de l'exécutif aligné sur Pékin est sortie lundi matin du silence pour critiquer frontalement le mouvement.

«Nous avons vu récemment, c'est très clair, que les gens proposent de manière impertinente de reprendre Hong Kong, la révolution de notre temps et de contester la souveraineté nationale du pays», a déclaré Carrie Lam à la presse en référence à un slogan couramment utilisé lors des manifestations. «J'ose affirmer que cela vise à renverser Hong Kong, à détruire complètement la précieuse vie de plus de sept millions de personnes», a-t-elle averti. Accusant les manifestants de pousser la ville «au bord d'une situation très dangereuse», elle a réaffirmé que «le gouvernement sera ferme pour maintenir la loi et l'ordre et rétablir la confiance».

(L'essentiel/afp)