En Nouvelle-Zélande

14 mars 2020 10:36; Act: 14.03.2020 10:39 Print

Les musulmans se sentent toujours menacés

La communauté islamique de Christchurch ne se sent pas en sécurité, à la veille de la date anniversaire de la tuerie par un suprémaciste blanc de 51 de ses fidèles.

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Devant une des moquées néo-zélandaises menacées, le 13 mars 2020.

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Un an après les attaques de deux mosquées de Christchurch par un suprémaciste blanc australien, la communauté musulmane néo-zélandaise se sent toujours menacée et estime désormais bien loin l'immense élan national qui a suivi ce massacre. Au lendemain des attaques du 15 mars, au cours desquelles 51 fidèles ont été tués, la communauté musulmane avait «l'impression que toute la population néo-zélandaise était derrière nous», se souvient Aliya Danzeisen, responsable de la communauté musulmane.

Mais désormais, «nous ne nous sentons pas plus en sécurité», remarque Aliya Danzeisen, à l'occasion du premier anniversaire de ces attaques qui ont ébranlé cette nation du Pacifique sud réputée pour sa tranquillité et ses traditions d'hospitalité. Selon elle, un sentiment de malaise persiste au sein de la communauté musulmane qui fait toujours l'objet de menaces et de critiques.

«Les femmes voilées, une cible»

La Première ministre Jacinda Ardern - qui a été saluée par la communauté internationale pour sa gestion de cette crise - a reconnu vendredi qu'il restait encore «beaucoup à faire» pour combattre les suprémacistes blancs. La cofondatrice du Conseil des femmes musulmanes, Anjum Rahman, estime qu'il y a «toujours un fond ou une rhétorique de haine... ce n'est pas simplement envers notre communauté, nous observons également beaucoup de haine sur internet (envers) la communauté transgenre. Je ne dirais pas que c'est particulièrement nous mais on le ressent».

Les musulmanes qui portent un foulard sont prises pour cibles «parce qu'on pense qu'elles sont vulnérables et qu'elles ne peuvent pas se défendre», explique-t-elle. Le gouvernement néo-zélandais avait réagi rapidement après ce massacre qui s'est produit dans la plus grande ville de l'île du Sud. Les lois sur le port des armes ont été renforcées, Jacinda Ardern a lancé une campagne internationale de lutte contre les contenus extrémistes en ligne et une enquête judiciaire a été ouverte pour analyser ce qui aurait pu être fait pour prévenir ces attaques.

Aliya Danzeisen, une ancienne avocate d'affaires américaine installée en Nouvelle-Zélande depuis 14 ans, estime que le soutien apporté aux musulmans au lendemain de la fusillade «a surpris les mouvements suprémacistes». «Cela a eu pour conséquence de les rendre plus méfiants, plus virulents, ils sont devenus plus puissants», a-t-elle expliqué à l'AFP.

(L'essentiel/afp)