Fusillade aux États-Unis

03 décembre 2021 20:29; Act: 04.12.2021 12:48 Print

Les parents du tireur du lycée d'Oxford inculpés

Après la fusillade, mardi, qui a fait quatre morts dans un lycée d’Oxford (Michigan), la procureure a inculpé les parents, leur reprochant d’avoir laissé leur fils utiliser l’arme.

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La procureure reproche également aux parents de n’avoir pas demandé à leur fils s’il avait son arme sur lui ce jour-là, ni où elle était, alors que le pistolet était dans son sac à dos et qu’il avait été autorisé à retourner en classe, au lycée d’Oxford. (photo: AFP)

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Les parents de l’adolescent qui a ouvert le feu dans un lycée du nord des États-Unis ont été inculpés vendredi d’homicides involontaires pour avoir laissé leur fils utiliser l’arme avec laquelle il a tué quatre élèves, une décision rare de la justice américaine. Ethan C., âgé de 15 ans «est celui qui est entré dans le lycée et a appuyé sur la détente», mais «d’autres personnes ont contribué à cet événement et j’ai l’intention de leur faire rendre des comptes», a dit la procureure du comté d’Oakland, Karen McDonald.

Les fusillades restent un fléau récurrent aux États-Unis, faisant de nombreuses victimes dans un pays où le droit de posséder des armes est garanti par la Constitution. Mais les poursuites contre les proches de leurs auteurs sont extrêmement rares. «J’attends des parents et de chacun qu’ils fassent preuve d’humanité et qu’ils agissent pour stopper une tragédie potentielle», a expliqué la procureure.

Acheté lors du Black Friday

Le père, James, avait acheté le vendredi précédent, jour des grandes promotions du Black Friday, le pistolet semi-automatique utilisé par son fils. Après l’achat, l’adolescent s’est entraîné au tir et a posté des images de l’arme sur les réseaux sociaux, indiquant clairement qu’elle lui appartenait.

Le jour de la fusillade, il avait été convoqué avec ses parents par la direction du lycée d’Oxford, une petite ville du Michigan, après avoir écrit un message évoquant le suicide et la mort: «Aidez-moi, ma vie est inutile, le monde est mort, du sang partout.»

«Ethan, ne le fais pas!»

«Penser qu’un parent puisse lire ces mots en sachant que son fils avait accès à une arme mortelle, qu’il lui avait offerte, est incompréhensible, et je pense que c’est un crime», a affirméKaren McDonald. Elle reproche également aux parents de n’avoir pas demandé à leur fils s’il avait son arme sur lui ce jour-là, ni où elle était, alors que le pistolet était dans son sac à dos et qu’il avait été autorisé à retourner en classe.

Deux heures après cette réunion, il avait ouvert le feu en sortant des toilettes, progressant méthodiquement dans les couloirs du lycée et tirant notamment sur les portes des classes où s’étaient barricadés les élèves. Il a tiré au moins 30 balles. Selon la police, il avait visé au hasard, sans choisir de victimes préalablement identifiées.

À l’annonce d’une fusillade au lycée, sa mère, Jennifer, avait envoyé un message à son fils, écrivant «Ethan, ne le fais pas!»

Climat de psychose

Quatre élèves sont morts et six autres ont été blessés, ainsi qu’un enseignant, dans cette fusillade qui a provoqué un traumatisme dans cette ville au nord de Detroit.

Le tireur s’est rendu aux policiers sans opposer de résistance. Il a été inculpé pour «acte terroriste» et «assassinats», et risque la prison à vie car poursuivi comme majeur. Ses mobiles restent un mystère, car il ne s’est pas expliqué depuis son arrestation et a choisi de garder le silence lors de sa comparution. Il a plaidé non coupable, mercredi, devant un juge. Il est incarcéré à la prison de Pontiac, où il est détenu à l’isolement.

Depuis la tragédie, les autorités du Michigan sont «inondées» de messages de menaces contre des écoles de cet État, créant un climat de psychose au sein de la population. Plus de 60 établissements scolaires ont été fermés dans tout l’État, en raison de «comportements menaçants», selon la police du comté d’Oakland, ajoutant que la plupart de ces menaces étaient fausses.

(L'essentiel/afp)