Joggeur noir tué

09 mai 2020 12:11; Act: 09.05.2020 12:14 Print

Les preuves d'un meurtre étaient «suffisantes»

La police de l'État de Géorgie, qui a mis 36 heures à inculper deux hommes, ne sait pas pourquoi la police locale n'a pas agi plus tôt.

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Une manifestation a eu lieu à Brunswick vendredi 8 mai. (photo: AFP)

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Les preuves étaient «plus que suffisantes» pour inculper deux hommes blancs pour le meurtre d'un jeune joggeur noir, a estimé vendredi la police de l'État américain de Géorgie. Elle n'a cependant pas expliqué pourquoi il a fallu 74 jours pour les arrêter.

Un suspect de 64 ans et son fils âgé de 34 ans ont été placés en détention jeudi soir pour le meurtre d'Ahmaud Arbery, âgé de 25 ans, tué le 23 février à Brunswick, dans le sud des États-Unis, au long passé ségrégationniste. L'affaire a suscité beaucoup d'émoi dans un pays régulièrement secoué par des violences raciales.

Lors d'une conférence de presse, le chef de la police de Géorgie, dont les services ont été saisis mardi soir du dossier après la diffusion d'une vidéo du crime, a estimé que les éléments pour inculper les deux suspects étaient «plus que suffisants». En 36 heures, ses équipes ont procédé aux arrestations, a-t-il. Cette rapidité «veut tout dire». L'enquête n'est pas terminée et de nouvelles interpellations sont possibles, a-t-il ajouté. L'homme qui a filmé la scène intéresse notamment les enquêteurs.

Un ex-flic

Mais les investigations se concentreront sur le meurtre uniquement, a assuré le policier, excluant de s'intéresser aux raisons pour lesquelles la police locale et les procureurs n'avaient pas agi plus vite. Selon la presse, le suspect le plus âgé, un ancien policier à la retraite, a longtemps travaillé comme enquêteur pour les services du procureur local. Les deux premiers procureurs en charge du dossier se sont récusés, mais le second a mis plusieurs semaines à le faire.

C'est la diffusion mardi d'une vidéo du crime, devenue virale, qui a relancé l'enquête. Sur cet enregistrement, la victime court le long d'une route. Alors qu'elle contourne un pick-up blanc sur lequel un homme se tient, il est arrêté par un deuxième homme qui l'agrippe. On entend trois coups de feu.

Selon le rapport de police, l'ancien policier assure avoir pensé que la victime était un cambrioleur actif dans le quartier «en train de se pavaner» devant chez lui. Il dit être parti à sa poursuite avec son fils et des armes et que la confrontation a mal tourné. Mais d'après sa famille, le jeune homme était simplement en train de courir et a été victime d'un crime raciste.

(L'essentiel/afp)