Destitution de Trump

22 janvier 2020 07:26; Act: 22.01.2020 09:44 Print

Les règles du procès donnent lieu à d'âpres débats

Républicains et démocrates se livrent à un rude bras de fer sur les règles à adopter pour le procès en destitution de Donald Trump.

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Les débats au procès en destitution de Donald Trump se sont ouverts mardi, devant le Sénat américain, par une âpre bataille sur les règles de ce rendez-vous historique, les démocrates accusant les républicains d'organiser l'acquittement au pas de charge du président des États-Unis.

Cinq jours après avoir juré de rendre la justice de «manière impartiale», les 100 sénateurs se sont retrouvés au Capitole, siège du Congrès à Washington. Dans une mise en scène austère, ils se sont plongés dans un silence grave lorsque le chef de la Cour suprême, John Roberts, chargé de présider les audiences, a signifié de son marteau le début des échanges.

«Une feuille de route équitable pour notre procès»

Mais avant de se pencher sur l'acte d'accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès, adopté en décembre par la Chambre des représentants à majorité démocrate, ils ont engagé un rude bras de fer sur les règles du jeu. Le chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell, a introduit une résolution pour encadrer ce procès qui, à dix mois de la présidentielle, parasite la campagne de réélection du locataire de la Maison-Blanche.

Au programme: trois journées de huit heures en moyenne pour l'accusation et autant pour la défense, afin qu'elles exposent leurs arguments, puis seize heures de questions des sénateurs.

«C'est une feuille de route équitable pour notre procès», a estimé l'influent Mitch McConnell, qui ne cache pas sa volonté d'offrir au milliardaire républicain l'acquittement rapide qu'il espère, idéalement dans un délai de deux semaines. Accusé de vouloir organiser un procès nocturne quand les Américains dorment, il a toutefois dû rallonger la durée des argumentaires par rapport à une première proposition.

L'élu Adam Schiff, chargé de porter l'accusation, a reproché au camp présidentiel d'organiser un «procès truqué» au Sénat - quand les républicains estiment que les démocrates avaient conduit une enquête «truquée» à la Chambre des représentants.

«Une honte nationale»

En cause, la question cruciale des témoins-clés que les démocrates veulent convoquer et des documents qu'ils exigent de la Maison-Blanche, du département d'État et du ministère de la Défense. Les républicains veulent repousser toute décision là-dessus, après la séance de questions. «On marche à l'envers, un procès avant les pièces à conviction», a lancé Adam Schiff. «La majorité des Américains ne croient pas que ce sera un procès équitable».

Évoquant une «honte nationale», le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a introduit plusieurs amendements pour obtenir immédiatement ces témoignages et documents, qui prolongeaient les débats tard dans la soirée.

En mesure d'acquitter Donald Trump

Les cinq premiers ont été rejetés selon les lignes partisanes: les 53 sénateurs républicains ont voté contre, les 47 démocrates pour. Mais Chuck Schumer semblait prêt à rester encore plusieurs heures dans l'hémicycle pour faire plier les républicains. «Nous avons besoin de quatre républicains qui soient prêts à choisir le camp de la justice», a lancé Chuck Schumer, courtisant les plus modérés.

Les républicains peuvent gagner tous les votes de procédure, comme ils sont quasi assurés d'être en mesure d'acquitter, in fine, Donald Trump. Le 45e président des États-Unis, troisième seulement à subir l'affront d'un procès en destitution après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999, n'est pas présent aux audiences.

(L'essentiel/afp)