Vol MH370

26 mars 2014 12:37; Act: 26.03.2014 13:33 Print

Les satellites détectent 122 objets dans la zone

De nouvelles images satellitaires récentes révèlent la présence de 122 débris dans une des zones de recherche du sud de l'océan Indien, où s'est abîmé le vol MH370, avec 239 personnes à bord, le 8 mars.

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Les images prises par un satellite d’Airbus Défense et Espace montrent ces dizaines d'objets flottants dans une zone de 400 km² de l'océan, a déclaré à la presse le ministre des Transports, Hishammuddin Hussein. Il est impossible de dire si ces objets sont des débris du Boeing 777 qui a disparu le 8 mars avec 239 personnes à bord, alors qu'il effectuait la liaison Kuala Lumpur-Pékin.

«Mais c'est un nouvel indice qui nous aidera à mieux cibler les opérations de recherches», a ajouté le ministre. Des images satellite précédentes, communiquées par l'Australie, la Chine et la France, montraient elles aussi des objets flottants, dont certains mesurant plusieurs mètres, dans les zones de recherche situées à quelques milliers de km au sud-ouest de Perth (côte occidentale de l'Australie).

Circonstances mystérieuses

Il n'a cependant toujours pas été possible de les récupérer et donc de les identifier, malgré l'envoi sur la zone, mercredi, de douze avions, dont sept militaires, après 24 heures de suspension des opérations en raison du mauvais temps. Alors que les circonstances du drame restent à cette heure largement mystérieuses, le grand cabinet d'avocats américain Ribbeck Law, a annoncé avoir porté plainte contre la compagnie et le constructeur.

Elle indique avoir saisi un tribunal de l'Illinois au nom d'un avocat indonésien, Januari Siregar, dont le fils Firman Siregar, 25 ans, était à bord.

«Des millions de dollars»

Ribbeck Law souhaite savoir si un éventuel défaut de conception ou une avarie mécanique sont imputables à Boeing, ou si la compagnie a commis une faute expliquant la disparition du Boeing qui assurait la liaison Kuala Lumpur-Pékin. En tout état de cause «nous pensons que les deux mis en cause cités doivent répondre de la catastrophe du vol MH370», souligne la firme dans un communiqué publié à Kuala Lumpur, citant la responsable des procédures aéronautiques, Monica Kelly.

La firme n'a pas précisé le montant des dommages demandés mais le contentieux porte selon elle sur «des millions de dollars». Les avocats américains pensent qu'un feu ou une soudaine dépressurisation a rendu les pilotes inconscients et que le Boeing est devenu «un avion fantôme pendant plusieurs heures avant de se trouver à court de carburant».

Le dernier «bip»

Ce qui est certain, d'après les informations mises à la disposition des autorités malaisiennes, c'est que le Boeing a brusquement et sans doute délibérément changé de cap avant de disparaître des radars. Le Boeing a ensuite volé une partie de la nuit au-dessus de l'océan Indien où un satellite l'a identifié alors qu'il ne disposait plus de réserves de carburant suffisantes pour retourner à terre.

Le dernier «bip» complet capté par un satellite remonte au 8 mars à 8h11 (0h11 GMT), avec un contact «partiel» huit minutes plus tard, soit près de deux heures après l'heure d'arrivée prévue du MH370 à Pékin, selon les informations transmises par l'opérateur britannique de satellites Inmarsat.

Résoudre l'énigme

Ces relevés permettent de dire que l'avion se trouvait alors au milieu de l'océan Indien, sans cependant pouvoir établir sa position précise. Les différentes théories évoquées comprennent un détournement, un acte désespéré du pilote ou du copilote, ou un incident ayant privé l'équipage du contrôle de l'appareil. Le Premier ministre australien, Tony Abbott, dont le pays dirige les opérations de recherche, a assuré que tout serait fait pour «résoudre cette énigme».

La priorité est de capter les signaux de la balise des boîtes noires, qui peut en théorie émettre jusqu'à 30 jours après son activation au contact de l'eau. Il reste donc moins de deux semaines pour les retrouver. Les États-Unis ont envoyé lundi à Perth un système de localisation, une sonde triangulaire de 35 kilos attachée au bout d'un câble remorqué par un navire.

Chaîne de volcans sous-marins

Outre le défi que représente la localisation des boîtes noires, dont les signaux ne portent pas au-delà de 2 à 3 km, les experts avertissent qu'une chaîne de volcans sous-marins traverse la zone de recherche, située dans les 40es Rugissants redoutés des meilleurs navigateurs.

Les fonds y sont «accidentés, couverts de failles, de petites ravines et de crêtes, avec peu de sédiments pour niveler cette partie du monde parce qu'elle est assez jeune» à l'échelle géologique, souligne Robin Beaman, de l'université australienne James Cook.

(L'essentiel/AFP)