En Colombie

02 juin 2020 07:50; Act: 02.06.2020 17:41 Print

Les terribles effets cachés de la cocaïne

Destruction de cloison nasale, problèmes cardiaques ou neurologiques, impuissance sexuelle, nécroses... La cocaïne génère des effets méconnus et honteusement dissimulés.

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La cocaïne génère des effets méconnus et honteusement dissimulés. (photo: AFP)

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En Colombie, la sortie du confinement, imposé pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, risque de se traduire par une hausse des overdoses avec une reprise de la consommation après des mois de sevrage, craignent des experts. «Les gens, qui ont réduit leur consommation durant la quarantaine ne peuvent prendre ce qu'ils prenaient avant parce que cela pourrait provoquer une overdose», avertit Julian Quintero, directeur de l'Institut d'action technique sociale (ATS) à Bogota, la capitale colombienne confinée depuis le 20 mars.

Quelque 500 000 toxicomanes meurent chaque année dans le monde et 35 millions d'entre eux souffrent de «troubles» consécutifs à leur addiction, selon un rapport de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) publié en mai. «Les gens vont difficilement chez le médecin pour une addiction à la cocaïne et ils ne pensent pas que cela cause d'autres affections», explique Efren Martinez, directeur scientifique du centre de désintoxication de la fondation Colectivo Aqui y Ahora, en soulignant la difficulté de traiter ces effets secondaires, dont les patients parlent avec réticence.

«Le plus grave ce sont de micro infarctus cérébraux»

Voici trois témoignages, recueillis par l'AFP, sur le calvaire de ces narco-maladies nées de l'inhalation de cocaïne. Les saignements n'empêchaient pas Nicolas Merizalde de sniffer du «perico», nom populaire de la cocaïne en Colombie. «Avec un mouchoir, avec n'importe quoi, je nettoyais le sang, j'attendais que ça sèche un peu, puis je m'en remettais encore et encore jusqu'à saigner», raconte cet homme de 47 ans. Pas de trace visible de chirurgie, bien que sa cloison nasale ait été remplacée par du platine.

Les dégâts au septum du nez sont générés par une consommation effrénée de longue date - dans son cas depuis ses 14 ans. «Les acides que contient la cocaïne ont le pouvoir de dévorer l'os, littéralement», souligne M. Martinez. Et «le plus grave ce sont de micro infarctus cérébraux» quand la cloison nasale étant perforée, la poudre monte au cerveau. De l'alcool et la marijuana, Nicolas Merizalde est passé très vite à la «neige» et de «façon plus obsessive» que ses amis: «Eux sniffaient une ligne, moi deux». Sa vie est partie en vrille.

Il a volé, frappé sa petite amie, passé de la drogue au Pérou, s'est laissé tripoter par un dealer en échange de sa dose. Au bout du rouleau, il s'est enfermé dans un motel pour en finir d'une overdose. Mais il a échoué et s'est retrouvé hospitalisé. Depuis 1995, il est «clean» et dirige depuis dix ans un centre de réhabilitation.

«Mon corps, ma vie, tout dépendait de la drogue»

Alberto attribue, lui, la rupture avec sa femme à sa dysfonction érectile. «Amoureux» de la cocaïne, il n'imaginait pas qu'elle le trahirait au lit. «C'est ce qui peut arriver de pire... c'est ce qui a déclenché notre séparation car mon corps, ma vie, tout dépendait de la drogue», a raconté ce quadragénaire dans un couloir de l'hôpital universitaire San José à Bogota. Il y a été opéré d'une ischémie cérébrale, causée par la poudre blanche. Ses difficultés d'érection ont commencé il y a plus de vingt ans. Il en avait 22, dont huit à se droguer quotidiennement. Il s'est marié, a eu deux enfants, sans renoncer à la «coke».

Son épouse l'a toléré, jusqu'à ce qu'il puise dans le budget familial. Et leur relation intime s'est étiolée. «Quand tu (...) es dépendant de la drogue, cela annule souvent le plaisir sexuel», dit-il. La cocaïne forme des caillots de graisse dans les vaisseaux sanguins, perturbant l'irrigation du pénis, donc l'érection, explique le toxicologue Miguel Tolosa, qui a suivi Alberto. Mais l'impuissance était un problème mineur face à d'autres troubles: infarctus cérébral, problèmes hépatiques, coronariens et rénaux.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Steph le 02.06.2020 13:45 Report dénoncer ce commentaire

    Petit rappel , on appel produit illicite tout ce qui n’est pas taxé par l’etat. Par contre les personnes blindés aux antidepresseurs, anxiolitique et toutes ces conneries, ca n’inquiete personne ? Surtout quand des solutions parfois naturelles sans effets secondaires pourrait-etre proposé. On oublie parfois la puissance des lobbies. Et la santé reste un des pires et des plus trompeurs.

  • Très souvent censuré par L'Essentiel le 02.06.2020 12:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi la Colombie ? Parce que ce pays a un gouvernement incapable de permettre a sa population de vivre décemment. Les cartels de la drogue permettent à des milliers de paysans de vivre. Ou plutôt de survivre. C'est un pays magnifique (ma fille y travaille.. ), avec des gens sympas, hospitaliers, généreux... mais qui travaillent 48h/semaine pour un salaire de misère. Alors, c'est sûr, cultiver la coca, c'est tellement plus avantageux que d'attendre un changement politique...

  • Impossible tragédie le 02.06.2020 10:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'histoire de la cocaïne est une impossible tragédie. Des générations entières, depuis les "baby boomers" jusqu'à la génération "Z", ont été littéralement anihilées, écrasées, laminées par ce poison lent. Prendre de la cocaïne, à l'instar de quasiment toutes les drogues, c'est s'engager dans un long processus de suicide lent. En regardant le visage d'aujourd'hui des stars des années 80 une seconde suffit pour en comprendre les ravages. Qui d'ailleurs ne se privaient pas d'en faire les louanges (voir "Ripoux" et autres films à la gloire de ce poison)

Les derniers commentaires

  • Steph le 02.06.2020 13:45 Report dénoncer ce commentaire

    Petit rappel , on appel produit illicite tout ce qui n’est pas taxé par l’etat. Par contre les personnes blindés aux antidepresseurs, anxiolitique et toutes ces conneries, ca n’inquiete personne ? Surtout quand des solutions parfois naturelles sans effets secondaires pourrait-etre proposé. On oublie parfois la puissance des lobbies. Et la santé reste un des pires et des plus trompeurs.

    • youga le 02.06.2020 14:19 Report dénoncer ce commentaire

      Steph, vous avez tellement raison!

  • Très souvent censuré par L'Essentiel le 02.06.2020 12:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi la Colombie ? Parce que ce pays a un gouvernement incapable de permettre a sa population de vivre décemment. Les cartels de la drogue permettent à des milliers de paysans de vivre. Ou plutôt de survivre. C'est un pays magnifique (ma fille y travaille.. ), avec des gens sympas, hospitaliers, généreux... mais qui travaillent 48h/semaine pour un salaire de misère. Alors, c'est sûr, cultiver la coca, c'est tellement plus avantageux que d'attendre un changement politique...

  • prune le 02.06.2020 11:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et qui pourrait s’appliquer à l’alcool. Encore tabou cette addiction-la, et pourtant. Regardez attentivement les pubs, la place que ça prend dans les magasins ou les stations services, le caractère cool de la consommation sociale...

    • sdfsdfgfd le 02.06.2020 13:20 Report dénoncer ce commentaire

      De nombreux pays civilisés ont interdis les pub pour l'alcool. Tabou l'addiction à l'alcool ? Comme si l'alcoolisme n'était pas un problème connu...

  • censuré le 02.06.2020 11:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vu le nombre de morts très élevés et le nombre de malades, pourquoi les médias ne parlent ils pas plus souvent des drogues alors qu'ils nous bassinent avec le covid19.

  • Luxo2 le 02.06.2020 10:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Exact.