Terrorisme intérieur

28 janvier 2021 07:26; Act: 28.01.2021 09:00 Print

Les USA en alerte face au risque extrémiste

En raison d’un «climat de menaces accrues» provenant d’extrémistes opposés à Joe Biden, un bulletin d’alerte antiterroriste a été publié mercredi, aux États-Unis.

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Les États-Unis font face à la menace de terrorisme d'extrême droite.

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Le gouvernement américain a émis mercredi, pour la première fois, un bulletin d’alerte antiterroriste consacré aux menaces posées par les «extrémistes» opposés à la présidence de Joe Biden. Au même moment, les autorités judiciaires annonçaient l’inculpation d’un partisan de Donald Trump, après la découverte dans son entreprise de cinq bombes artisanales qu’il comptait, selon l’acte d’accusation, utiliser contre des démocrates.

Le ministère de la Sécurité intérieure a pourtant assuré que son bulletin d’alerte n’était pas motivé par «des informations sur un complot crédible spécifique». Il fait plus généralement état d’un «climat de menaces accrues» présent dans tous les États-Unis et susceptible de durer plusieurs semaines.

«Récits mensongers»

«Des informations suggèrent que des extrémistes violents ayant des objections à l’exercice de l’autorité gouvernementale et à la transition présidentielle, ainsi que d’autres griefs alimentés par des récits mensongers, pourraient continuer à se mobiliser, et à inciter à commettre des violences», selon son bulletin.

Cet immense ministère, créé après les attentats du 11 septembre 2001, publie régulièrement ce type de mise en garde, mais elles sont d’ordinaire liées à des menaces d’origine étrangère, notamment jihadistes. C’est la première fois qu’un bulletin d’alerte antiterroriste porte sur une menace intérieure, a précisé à l’AFP un de ses porte-parole. Ce tournant reflète le discours de Joe Biden qui, lors de son investiture le 20 janvier, a juré de «vaincre le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur».

«En colère»

«Je suis heureux de voir que le ministère reconnaît pleinement la menace posée par l’extrême droite violente», alors qu’elle a été «encouragée au cours des quatre dernières années», a salué l’élu démocrate, Bennie Thompson, qui dirige la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants. L’ancien président républicain Donald Trump a été régulièrement accusé de faire preuve de complaisance envers la droite radicale, dont certains membres étaient en première ligne lors de l’assaut lancé par ses partisans, sur le Capitole, le 6 janvier.

Le bulletin publié mercredi, et qui est valide jusqu’au 30 avril, se garde d’utiliser des étiquettes politiques. Il relève toutefois que des extrémistes animés par plusieurs motivations, et notamment leur «colère face aux restrictions liées au Covid-19 et aux résultats de l’élection» présidentielle, ont déjà comploté en 2020, et parfois, attaqué des bâtiments officiels. Certains «pourraient avoir été galvanisés par l’intrusion au sein du Capitole», ajoute-t-il. Le ministère se dit déterminé à protéger «les infrastructures critiques» et les «populations qui pourraient être ciblées en raison de leur religion, race, origine, identité ou opinion politique».

(L'essentiel/afp)