Contre l’Iran

14 octobre 2021 07:13; Act: 14.10.2021 09:00 Print

Les USA font planer la menace militaire

Pour la première fois, Washington a évoqué la solution militaire au cas où la voie diplomatique échouerait à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

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Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, et le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à Washington, le 13 octobre 2021. (photo: AFP)

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Les États-Unis de Joe Biden ont fait planer, mercredi, la menace d’un recours à l’option militaire contre l’Iran en cas d’échec de la diplomatie pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique, faisant pour la première fois clairement écho aux avertissements israéliens. À la veille d’une visite cruciale du négociateur de l’Union européenne jeudi à Téhéran, l’impatience monte côté américain mais aussi européen, et le changement de ton est manifeste. Washington pense «qu’une solution diplomatique est la meilleure manière» d’éviter que la République islamique devienne une puissance nucléaire, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse avec son homologue israélien Yaïr Lapid dans la capitale américaine. Mais il a jugé peu «encourageants» les signaux émanant de Téhéran, qui n’a toujours pas fixé de date pour la reprise des négociations visant à sauver l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, à l’arrêt depuis juin.

«Il faut être deux pour dialoguer et nous n’avons pas constaté, à ce stade, de volonté d’en faire autant de la part de l’Iran», a déploré le secrétaire d’État, estimant une nouvelle fois que la «fenêtre de tir» se refermait à grands pas. «Nous sommes prêts à nous tourner vers d’autres options si l’Iran ne change pas de direction», a-t-il prévenu alors qu’il était interrogé sur la possibilité du recours à la force. «Nous envisagerons toutes les options». À ses côtés, le ministre israélien a enfoncé le clou, sans être contredit. «En disant "d’autres options", je pense que tout le monde comprend», a-t-il lancé, dans une allusion claire à l’option militaire. Yaïr Lapid a d’ailleurs été encore plus explicite au nom de l’État hébreu, opposé de longue date à l’accord de 2015 qu’il juge insuffisant.

«Protéger le monde du Mal»

«Le secrétaire d’État Blinken et moi sommes des enfants de survivants de l’Holocauste. Nous savons qu’il y a des moments où les nations doivent avoir recours à la force pour protéger le monde du Mal», a-t-il déclaré. «Israël se réserve le droit d’agir à tout moment, et quels que soient les moyens», a-t-il martelé. L’ex-président américain Donald Trump a claqué la porte en 2018 de cet accord conclu entre l’Iran et les grandes puissances, et a rétabli les sanctions américaines qu’il avait permis de lever. En retour, Téhéran s’est de plus en plus affranchi des restrictions censées empêcher que son programme nucléaire aboutisse à la fabrication de la bombe.

Le président Biden s’est lui dit prêt à revenir dans l’accord à condition que l’Iran renoue parallèlement avec ses engagements. Des négociations indirectes entre Washington et Téhéran, par l’intermédiaire des autres signataires, ont démarré en avril à Vienne pour sauver cette entente, mais sont suspendues depuis l’élection en juin d’un nouveau président iranien.

Le négociateur européen Enrique Mora, coordonnateur du texte de 2015, est attendu jeudi à Téhéran. «Je vais insister sur l’urgence de reprendre les négociations», a-t-il tweeté mercredi. Dans ce contexte où le pessimisme semble s’imposer, Yaïr Lapid était venu à Washington pour réclamer au gouvernement Biden un «plan B alternatif». Et les Américains, longtemps réticents à évoquer autre chose qu’un retour à l’accord, ont changé de stratégie en évoquant eux-mêmes ouvertement l’hypothèse d’un échec.

«Nous sommes réalistes. Nous savons qu’il existe au moins une forte possibilité que l’Iran choisisse une autre voie» qu’un rétablissement de l’accord, a aussi déclaré mercredi, l’émissaire américain pour l’Iran, Rob Malley. Le négociateur américain a annoncé qu’il se rendrait dans les prochains jours en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar pour évoquer notamment les «options» pour «contrôler le programme nucléaire iranien» si les négociations n’aboutissent pas.

«Accords d’Abraham»

Antony Blinken et Yaïr Lapid ont aussi tenu mercredi une réunion à trois avec leur homologue émirati, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane, pour tenter de relancer la dynamique du processus de reconnaissance d’Israël par les pays arabes. «Nous sommes déterminés à continuer de faire fructifier les efforts du précédent gouvernement pour élargir, au cours des prochaines années, le cercle des pays aux relations normalisées avec Israël», a dit le secrétaire d’État américain.

Ces «accords d’Abraham» de reconnaissance d’Israël avaient été signés en septembre 2020 par les Émirats et Bahreïn, sous l’égide de Donald Trump, qui en a fait l’une de ses principales réussites diplomatiques. Le Maroc avait suivi cet exemple, ainsi que le Soudan.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • AltModish le 14.10.2021 11:18 Report dénoncer ce commentaire

    Historiquement, les US ont toujours voulu apparaître comme de bons samaritains, mais ne serait-ce pas eux les méchants de l'histoire ? A toujours vouloir faire la police dans le monde entier, ils font régulièrement preuve d'ingérence, comment doivent réagir les pays bafoués ?

  • José le 14.10.2021 12:20 Report dénoncer ce commentaire

    Comme d'habitude, les démocrates vont commencer une nouvelle guerre. Et c'est Trump et les Républicain qu'on accusait de tout. Ces gauchistes sont une plaie pour l'humanité.

  • Ben-J le 14.10.2021 07:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Biden finalement plus véhément que Trump? A qui profite uniquement de déstabiliser l’Iran? Voilà.

Les derniers commentaires

  • bif le 27.10.2021 12:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La seule chose qui effraye les américains est de devoir négocier avec un ennemi d’israel. Car si ilsont la bombe alors plus trop le choix… Le lobby pro israel y est fort au usa ainsi qu’en Europe !

  • hey hey heyyy le 14.10.2021 21:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce sont ces deux pays les plus gros " méchants " ... L'Iran n'a menacé personne . Qui depuis des années créent du grabuge au moyen Orient ? Tout ça dans le quel but ? Quels pays éclatent les des gens sous les bombardement ? Et qui leurs donnent le micro et font la propagandes de ces pays "exemplaires " et "à la morale propre" ????

  • David le 14.10.2021 20:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les médias européens ont descendu Trump tout le long de son mandat mais au moins ce président américain n'est pas parti en guerre contrairement à Biden qui cherche une guerre pour faire tourner son économie. Misère

  • Marc le 14.10.2021 17:28 Report dénoncer ce commentaire

    Vous pensez vraiment qu'Iran se donne du mal quant au tour de lui il a des puissances nucléaires. C'est beaucoup plus facile de transporter quelque tête nucléaire que de les construire. Et si on disait qu'Iran et 3e pays mondial des réserves de pétrole là on comprend mieux la soif de guerre des USA. Puis un seul pays au monde et toujours capable de tuer aux armes nucléaires et ils ont déjà faite sans aucun état d'âme. Le pays le plus démonocratique de la planète qui nous donne toujours des leçons, mais jusqu’à quand ?

  • TROUBLE FAIT.... le 14.10.2021 14:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    au mois de juin de cette année, la commission de la délégation des nations Unis s'est interrogée sur le respect de la charte et le rôle de l'ONU. Car sur le vote des 193 pays , 191 étaient en faveur de la fin de l'embargo pour Cuba et 2 contre : Israël et E.U. Pourtant, l'embargo a été bien évidemment maintenu ! Alors que 21 états membres de l'ONU ne reconnaissent pas l'état d'Israël indépendant !!! On accuse aujourd'hui Brahim Raïssi de nier la Shoah et de vouloir rayer de la carte Israël. Qu'on leur rappelle que l'Iran c'est 184 millions d'habitants, qu'en ce moment même plus des 3/4 des Iraniens sont contre le régime d'Ebrahim , au nom de la génération "no futur" made in iran contre la République islamique. Menace d'une guerre pour quelques centaines d'extrémistes au pouvoir ? Des balivernes et excuses oui ! Si Poutine et la Chine n'ont pas bougé, c'est que l'Iran est encore loin du nucléaire. D'autant plus que géographiquement ils en garderaient des sacrées séquelles. Les 2 meilleures chiens de garde au monde veillent !