Élections

20 mai 2018 12:50; Act: 20.05.2018 13:00 Print

Les Vénézuéliens votent pour la présidentielle

Epuisés par une profonde crise économique, les Vénézuéliens ont commencé à voter dimanche pour la présidentielle où Nicolas Maduro vise la réélection

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20,5 millions de Vénézuéliens sont appelés au vote. (photo: AFP/Luis Robayo)

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Portant une chemise rouge -la couleur de son mouvement- le président Maduro est venu voter dans un bureau installé dans un établissement scolaire de Caracas, en compagnie de son épouse Cilia Flores et de plusieurs proches collaborateurs. Les bureaux ont ouvert comme prévu à 06H00 heure locale pour accueillir 20,5 millions d'inscrits appelés à participer à cette élection anticipée à un seul tour.

Ils doivent fermer douze heures plus tard, sauf prolongation pour permettre d'épuiser d'éventuelles files d'attente. Quelque 300 000 militaires et policiers sont déployés. Le mandat du président est de six ans, le prochain doit commencer en janvier 2019. Maduro est le grand favori, bien que 75% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion, lassés par les pénuries de nourriture, de médicaments, d'eau, d'électricité et de transports, conjuguées à la hausse de l'insécurité et du coût de la vie.

Forte abstention attendue

Le tout avec un salaire minimum qui ne permet d'acheter qu'un demi-kilo de viande. Des centaines de milliers de personnes ont préféré quitter le pays. Pouvoirs électoral et militaire en main, opposition divisée: la route semble dégagée pour le dirigeant socialiste qui se dit héritier du chavisme, la doctrine politique créée par Hugo Chavez, prédécesseur de Nicolas Maduro de 1999 à 2013.

Face à Nicolas Maduro, le chaviste dissident Henri Falcon (56 ans) s'est présenté malgré le boycott de la coalition d'opposition, la Plateforme de l'unité démocratique (MUD). M. Falcon et l'autre candidat de l'opposition, le pasteur évangélique Javier Bertucci, 48 ans, se disputent le vote sanction d'une population abattue, renforçant les chances de victoire de Maduro, ancien chauffeur de bus de 55 ans, corpulent et à la moustache noire fournie.

La plupart des instituts de sondages donnent Maduro et Falcon à égalité, alors qu'une forte abstention devrait être favorable au président sortant.

Une crise sans précédent

Outre l'opposition, les États-Unis, l'Union européenne et le groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes qui dénonce la radicalisation du gouvernement de Caracas, rejette ce scrutin qu'elle juge ni démocratique, ni libre, ni transparent. Tous accusent également Maduro de saper la démocratie.

Quatre mois de manifestations quasi quotidiennes de l'opposition qui ont fait 125 morts à la mi-2017, ont été écartés d'un revers de main avec la mise en place d'une assemblée constituante, toute puissante arme politique au service du camp au pouvoir.

Touché par l'effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d'un manque de devises qui l'a plongé dans une crise aiguë. En cinq ans le PIB a fondu de 45% selon le FMI, qui prévoit une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13.800%.

(L'essentiel/afp)