Au Venezuela

05 août 2018 10:07; Act: 06.08.2018 09:36 Print

Maduro échappe à un attentat au drone

Après être sorti indemne d'un «attentat» commis avec un drone, Maduro a accusé la Colombie d'être derrière cette attaque.

storybild

Le président Maduro était en train de prononcer un discours lors d'une cérémonie militaire à Caracas, la capitale du Venezuela.

Sur ce sujet

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé son homologue colombien Juan Manuel Santos d'être responsable d'un attentat contre lui samedi à Caracas, commis selon les autorités vénézuéliennes avec des drones chargés d'explosifs. «Aujourd'hui on a essayé de m'assassiner», a déclaré M.Maduro lors d'une intervention radio-télévisée. «Je pense sans aucun doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat», a-t-il assuré.

Une source à la présidence colombienne a rejeté samedi comme «sans fondement» l'accusation du président vénézuélien Nicolas Maduro selon laquelle le président colombien Juan Manuel Santos serait impliqué dans un attentat contre lui. «C'est sans fondement. Le président se consacre au baptême de sa petite-fille Celeste et non à renverser des gouvernements étrangers», a déclaré sous le couvert de l'anonymat cette source haut placée à la présidence colombienne. M.Santos mène la contestation internationale contre le pouvoir de M.Maduro, qu'il qualifie de dictateur. Dans une interview avec l'AFP lundi dernier à Bogota, le président colombien a déclaré qu'il pensait «proche» la chute du «régime» chaviste en raison de l'hyperinflation que connaît le Venezuela.

Le ministre vénézuélien de la Communication Jorge Rodriguez a déclaré un peu plus tôt que M.Maduro avait réchappé à un attentat commis avec des drones chargés d'explosifs alors qu'il prononçait un discours lors d'une cérémonie militaire dans le centre de Caracas. Sept militaires ont été blessés et hospitalisés à la suite de l'attaque, a déclaré le ministre de la Communication.

«Il s'agit d'un attentat contre la personne du président Nicolas Maduro», a déclaré le ministre après l'incident où l'on a vu M.Maduro, en direct à la télévision gouvernementale, interrompre son discours. En pleine allocution, après une détonation, M.Maduro, son épouse Cilia Flores et les hauts gradés qui les entouraient sur une estrade ont regardé vers le ciel, l'air surpris et inquiet.

Après quoi la caméra a montré plusieurs centaines de soldats en train de rompre soudainement les rangs et de se mettre à courir sur l'avenue où se déroulait l'événement, dans une certaine confusion. La télévision d'État a ensuite coupé la retransmission.

Selon le ministre de la Communication, «une charge explosive (...) a détoné à proximité de l'estrade présidentielle» et d'autres charges ont explosé en plusieurs endroits de la parade militaire. M.Maduro «en est sorti complètement indemne et se trouve en ce moment en train d'effectuer son travail habituel», a déclaré le ministre. Le président, a-t-il toutefois indiqué, «est en réunion permanente avec le haut commandement politique, avec les ministres et avec le haut commandement militaire».

Lors de son intervention ultérieure, M.Maduro a fait état de plusieurs arrestations. Outre le président colombien Santos, il a accusé des personnes vivant selon lui aux États-Unis. «Les premières investigations nous indiquent que plusieurs des financiers (NDLR: de l'attentat) vivent aux États-Unis, dans l'État de Floride», a déclaré M.Maduro. «J'espère que le président Donald Trump est disposé à combattre les groupes terroristes», a-t-il ajouté.

Sept blessés

Les explosions ont «causé des blessures à sept membres» de la Garde nationale bolivarienne qui étaient déployés sur le lieu de la cérémonie militaire, et ces effectifs «reçoivent actuellement des soins» dans des hôpitaux, a indiqué M. Rodriguez. Le gouvernement a accusé «l'extrême droite», expression par laquelle il désigne l'opposition, d'être derrière cet «attentat». Quelques minutes après, les forces de l'ordre étaient en train d'inspecter un immeuble qui se trouvait à proximité et dont la façade était noircie, a constaté l'AFP.

L'incident est survenu dans une situation sociale et politique particulièrement tendue. Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge vif depuis des années. L'inflation pourrait atteindre 1 000 000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que le PIB devait s'effondrer de 18%. Aliments, médicaments ou biens de consommation courante: la pénurie est généralisée dans ce pays où les services publics, des soins à l'électricité, en passant par l'eau ou les transports, se sont fortement dégradés.

Cet incident intervient le jour du premier anniversaire de la très contestée Assemblée constituante vénézuélienne qui a permis au gouvernement d'asseoir son pouvoir et de neutraliser l'opposition. Profitant des divisions du camp anti-Maduro, cette instance, uniquement composée de partisans du chef de l'État et qui dispose de prérogatives élargies, s'est attribuée la plupart des compétences du Parlement, seule institution du pays contrôlée par l'opposition.

La Constituante a avancé l'élection présidentielle, qui a vu, le 20 mai, la réélection de Maduro jusqu'en 2025, en l'absence de l'opposition. Une victoire non reconnue par une grande partie de la communauté internationale.

(L'essentiel/nxp/afp)