Venezuela

08 août 2019 08:31; Act: 08.08.2019 10:26 Print

Maduro suspend le dialogue avec l'opposition

Suite aux sanctions économiques américaines, le président vénézuélien a décidé de suspendre le dialogue avec ses opposants.

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Pouvoir et opposition vénézuéliens devaient se retrouver sur l'île de la Barbade pour de nouveaux pourparlers jeudi et vendredi. (Photo d'archives)

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro a suspendu mercredi le dialogue qu'il a engagé avec l'opposition en vue d'une sortie de crise au Venezuela, en réponse aux nouvelles sanctions économiques prises par les États-Unis contre Caracas. «Bien que la délégation de l'opposition désignée par le député Juan Guaido se trouve déjà à La Barbade pour la session de discussions prévue pour cette semaine, le président Nicolas Maduro a décidé de ne pas envoyer la délégation vénézuélienne à cette occasion, en raison de la grave et brutale agression perpétrée de manière continuelle et retorse par l'administration Trump contre le Venezuela», selon un communiqué officiel.

Le gouvernement affirme néanmoins qu'il ne quitte pas la table des négociations: «Le Venezuela se prépare à revoir les mécanismes de ce processus afin qu'ils s'accordent avec les intérêts de notre peuple». Après des contacts exploratoires et une première rencontre à la mi-mai à Oslo, les discussions entre les deux camps avaient repris à La Barbade le 8 juillet. Les délégations devaient se retrouver sur l'île caribéenne pour de nouveaux pourparlers jeudi et vendredi, toujours sous l'égide de la Norvège.

Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement norvégien avait indiqué que les délégués du gouvernement et de l'opposition s'étaient engagés à trouver une solution «constitutionnelle» à la crise vénézuélienne. La décision du dirigeant socialiste intervient au surlendemain de l'annonce par la Maison Blanche que le président Donald Trump avait ordonné un gel total des biens aux États-Unis du gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, que Washington souhaite voir quitter le pouvoir.

«Stratégie»

Dans un entretien téléphonique mercredi avec la chaîne de télévision publique VTV, le président vénézuélien, soulignant que l'opposition avait applaudi les nouvelles sanctions américaines, a conclu qu'on ne pouvait pas négocier dans ces conditions. Le chef de l'opposition Juan Guaido, qui s'est déclaré président par intérim du Venezuela en janvier et a été reconnu par plus d'une cinquantaine de pays, dont les États-Unis, s'est félicité mardi du gel décidé par Washington à l'encontre des biens du gouvernement.

Il a estimé sur Twitter que la mesure prise par les États-Unis visait à «protéger les Vénézuéliens» et a une nouvelle fois accusé M. Maduro d'usurper le pouvoir parce que son mandat actuel est issu d'une élection présidentielle que l'opposition considère comme entachée de fraude. Mercredi, il a assuré que les sanctions allaient frapper les dirigeants chavistes et non pas les citoyens. «Elles sont dirigées contre le régime, contre Maduro», a-t-il déclaré au cours d'une petite cérémonie dans un quartier huppé de l'est de Caracas pour demander la libération du député Juan Requesens. Ce dernier est en prison depuis un an pour son lien supposé avec une attaque aux drones contre le chef de l'État socialiste.

(L'essentiel/afp)