Aux États-Unis

04 septembre 2020 08:32; Act: 04.09.2020 10:00 Print

Mobilisés, 100 jours après la mort de Floyd

Cent jours après la mort de George Floyd, les manifestations continuent dans la ville de Portland, malgré les critiques de Donald Trump et la peur d’actions violentes de la part de groupes d’extrême droite.

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Si la mobilisation est moins forte qu’au début, les gens continuent à descendre dans la rue pour défendre le mouvement «Black lives matter», cent jours après la mort de George Floyd. (photo: AFP)

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Dans la très contestataire ville américaine de Portland, cent jours après la mort de George Floyd, quadragénaire afro-américain étouffé sous le genou d’un policier blanc à Minneapolis, des manifestants opiniâtres continuent à dénoncer presque toutes les nuits le racisme institutionnel et la politique de Donald Trump. Certes, la spectaculaire mobilisation des débuts s’est émoussée, notamment les jours de semaine où les rassemblements peinent à attirer plus d’une centaine de personnes dans la plus grande ville de l’État de l’Oregon (650 000 habitants).

Mais les manifestants, surtout des jeunes de moins de 25 ans, sont bien là, déterminés à faire entendre leurs voix à deux mois du scrutin présidentiel, alors que les bavures policières ne cessent de continuer. «Si on veut changer le système, on doit continuer à le dire dans les rues, au moins jusqu’à l’élection», estime «S», un manifestant qui ne donne que l’initiale de son prénom. «Trump a fait un boulot pourri, le pays n’a jamais été aussi divisé», s’emporte-t-il, accusant le président républicain d’instrumentaliser le mouvement.

Organisés mais pas structurés

Donald Trump cite en effet régulièrement en exemple les manifestations de Portland, qui dégénèrent parfois en affrontements avec la police, pour agiter le spectre d’une Amérique à feu et à sang, à la merci des «voyous» d’extrême gauche et autres «terroristes de l’intérieur» en cas de victoire de son adversaire démocrate Joe Biden. «Nous ne cherchons pas à mettre le feu, nous ne cherchons pas à provoquer des émeutes. Nous sommes là pour faire passer notre message», assure Reese Monson, 30 ans, l’un des leaders du mouvement «Black Lives Matter» («Les vies noires comptent») à Portland, avant un rassemblement devant un commissariat de la ville.

Quelques dizaines de jeunes casqués et masqués, pour beaucoup des militants antifascistes vêtus de noir, insultent et provoquent les policiers qui les éblouissent en retour à l’aide de puissants projecteurs. Ce soir-là, la situation ne s’envenimera pas, contrairement à beaucoup d’autres qui se sont terminés dans l’odeur des gaz lacrymogènes. Reese Monson, «présent chaque jour depuis le début», reconnaît et regrette que «parfois des individus faisant partie ou non de notre groupe utilisent «Black Lives Matter» pour menacer la police ou provoquer la violence». «Mais nous avons le droit de manifester et de nous exprimer (…) nous n’allons pas partir en courant parce que la police nous dit de le faire», souligne-t-il.

Quelques minutes après l’interview, Reese Monson sermonnera un «antifa» au sang chaud, se disant «fatigué» de ressasser les mêmes consignes: «On est là pour BLM!», martèle-t-il.

(L'essentiel/afp)