Procès Roundup

28 mars 2019 07:24; Act: 28.03.2019 10:22 Print

Monsanto condamné à payer près de 81 millions

Le géant agro-chimique a été reconnu coupable de négligence intenté par un retraité américain souffrant d'un cancer qu'il attribue au Roundup, désherbant du groupe.

storybild

Image d'illustration.

Sur ce sujet
Une faute?

Le groupe Monsanto a été reconnu coupable mercredi de négligence. Un jury californien l'a condamné à verser près de 81 millions de dollars (71 millions d'euros environ) à un retraité américain souffrant d'un cancer qu'il attribue au Roundup, le désherbant vedette du groupe. C'est un très sérieux revers pour le géant allemand Bayer, le nouveau propriétaire de Monsanto, déjà condamné dans un procès similaire en août aux Etats-Unis. Bayer s'est d'ailleurs dit «déçu par la décision du jury» dans un communiqué, mais estime que ce verdict «ne change rien au poids de 40 ans de science et de conclusions d'agences de régulation dans le monde entier qui soutiennent que notre désherbant au glyphosate est sûr et qu'il n'est pas cancérigène».

Le groupe a annoncé qu'il allait faire appel de ce jugement. Le jury a considéré que Monsanto n'avait pas agi de bonne foi pour prévenir les usagers du risque potentiellement cancérigène de son produit, qui contient du glyphosate. Il est donc considéré comme légalement responsable de la maladie du plaignant, qui a usé du désherbant pendant plus de 25 ans. Le plaignant et ses avocats se sont longuement enlacés dans la salle d'audience, tout sourire après ce verdict. Les jurés ont aussi estimé que le Roundup avait un «défaut de conception», qu'il «manquait d'avertissements» sanitaires sur les risques et que Monsanto avait été «négligent».

Boîte de Pandore

Parmi les dommages à payer, 75 millions sont des dommages «punitifs» destinés à punir le groupe pour sa conduite. La semaine dernière, ce même jury avait déjà jugé que le Roundup était un facteur substantiel du cancer du septuagénaire, ouvrant alors la deuxième phase des débats, consacrée à la responsabilité de Monsanto. «Aujourd'hui, le jury a montré avec éclat que Monsanto devait rendre des comptes pour ses 40 ans de malfaisance d'entreprise et a envoyé à Monsanto le message qu'il est temps de changer la façon de faire affaire», ont estimé les avocates du plaignant.

Au-delà de ce procès, Bayer fait face à quelque 11 200 procédures similaires rien qu'aux États-Unis. Ce dossier «va encourager» d'autres «plaignants potentiels à entamer des poursuites», explique à l'AFP Carl Tobias, professeur de droit à l'Université de Richmond. Et si Bayer perd plusieurs autres procès, «il lui faudra sérieusement réfléchir à un accord» à l'amiable hors tribunaux pour solder les poursuites, ajoute-t-il. Cela pourrait lui coûter des milliards de dollars. Le groupe allemand avait déjà été condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier malade d'un cancer en phase terminale lors d'un procès à San Francisco en août. La somme a ensuite été réduite par une juge à 78,5 millions de dollars. Bayer a aussi fait appel de ce jugement.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • petitevoix le 28.03.2019 09:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Payer ? C’est tout ?! Il faut arrêter complètement la production et distribution du produit !!!

  • Alberto le 28.03.2019 17:02 Report dénoncer ce commentaire

    Le racket des entreprises européennes, et donc des citoyens, continue. Les USA ont des agences et administrations (DEA, etc.) qui contrôlent les produits mis sur le marché. Donc ils ont certifié l'absence de danger. Bayer et l'UE devrait exiger des réparations... supérieures aux amendes infligées.

Les derniers commentaires

  • Alberto le 28.03.2019 17:02 Report dénoncer ce commentaire

    Le racket des entreprises européennes, et donc des citoyens, continue. Les USA ont des agences et administrations (DEA, etc.) qui contrôlent les produits mis sur le marché. Donc ils ont certifié l'absence de danger. Bayer et l'UE devrait exiger des réparations... supérieures aux amendes infligées.

  • petitevoix le 28.03.2019 09:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Payer ? C’est tout ?! Il faut arrêter complètement la production et distribution du produit !!!