Russie

27 juillet 2019 16:16; Act: 27.07.2019 16:21 Print

Moscou réprime une manifestation d'opposants

Les forces de l'ordre ont arrêté massivement les protestataires qui affluaient sur la principale avenue de Moscou, criant «Honte» ou «Nous voulons des élections libres».

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La manifestation a été tuée dans l'œuf par les autorités russes.

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La police russe a arrêté samedi des centaines de manifestants venus réclamer à Moscou des élections libres malgré l'accentuation de la répression contre l'opposition ces derniers jours. Moins d'une semaine après un rassemblement sans précédent depuis le mouvement qui avait accompagné le retour de Vladimir Poutine au Kremlin, les forces de l'ordre n'ont laissé cette fois aucune chance aux protestataires de participer à cette nouvelle manifestation, non autorisée, devant la mairie de la capitale russe.

L'opposition dénonce le rejet des candidatures indépendantes lors des élections locales du 8 septembre, qui s'annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale.

«J'ai eu peur toute ma vie»

Avec des interpellations, interrogatoires et perquisitions visant toute la semaine les figures de l'opposition russe, les autorités avaient clairement montré qu'elles répondraient fermement à la montée de la contestation ces dernières semaines. Un journaliste de l'AFP a pu voir des dizaines de manifestants arrêtés avant même le début du rassemblement. L'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations, a décompté 264 arrestations.

«J'ai eu peur toute ma vie, mais maintenant cela suffit. Si nous restons chez nous à la maison, rien ne changera», a déclaré Elena Rastovka, retraitée de 68 ans. «La dernière fois que j'ai vu autant de pressions, des arrestations et des perquisitions, c'était pendant les manifestations de 2012», a estimé Alexeï Sprijitski, 42 ans.

Les domiciles de plusieurs candidats perquisitionnés

Avant même le rassemblement, plusieurs figures de l'opposition ont été arrêtées au fil de la matinée tels Ilia Iachine, Lioubov Sobol ou Dmitri Goudkov qui avait affirmé vendredi que l'enjeu dépassait les élections locales. «Il s'agit de savoir si, dans la Russie d'aujourd'hui, il est possible de faire légalement de la politique», avait-il déclaré.

Les domiciles et permanences de plusieurs candidats exclus avaient été perquisitionnés par avance et, mercredi, l'opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny avait été renvoyé en prison 30 jours pour des infractions «aux règles des manifestations».

(L'essentiel/afp)