Moscou

20 janvier 2021 09:10; Act: 20.01.2021 13:28 Print

Navalny contre-​​attaque sur le «palais de Poutine»

L'opposant russe Alexeï Navalny a publié mardi une enquête qui selon lui démontre la corruption de Poutine et son entourage pour doter le président russe d'un véritable «palais».

Sur ce sujet
Une faute?

Incarcéré depuis son retour rocambolesque en Russie, l’opposant Alexeï Navalny a contre-attaqué mardi avec la diffusion d’une vaste enquête anticorruption visant le président Vladimir Poutine et le véritable «palais» dont il se serait doté sur les bords de la mer Noire.

Illustré d’une vidéo de près de deux heures qui affiche déjà près de 500 000 vues sur YouTube, ce sujet est accompagné d’un appel aux Russes à manifester samedi contre le pouvoir, réitérant l’invitation à «descendre dans la rue» faite la veille par M. Navalny et son équipe.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a immédiatement rejeté ces accusations, affirmant à l’agence de presse Ria Novosti que «ce n’est pas vrai», tout en disant ne pas avoir encore pris connaissance des détails de cette enquête. M. Navalny, qui a enregistré cette vidéo avant son retour en Russie, dimanche, assure que Vladimir Poutine est le bénéficiaire d’une vaste propriété et d’un immense palais près de la ville russe de Guélendjik, sur les rives de la mer Noire.

«Tsar inamovible»

Cet ensemble très luxueux compterait en outre des vignobles, une enceinte de hockey sur glace ou encore un casino. Il a été financé, selon l’opposant, par des proches du président russe, comme le patron du géant pétrolier Rosneft Igor Setchine et l’homme d’affaires Guennadi Timtchenko.

«C’est un État au sein de la Russie. Et, dans cet État, il n’y a qu’un tsar inamovible. Poutine», estime M. Navalny, accusant aussi le président russe d’être «obsédé par les richesses et le luxe». Selon l’opposant, 100 milliards de roubles (1,12 milliard d’euros) ont été dépensés pour bâtir ce complexe, dont la superficie totale est de 7 000 hectares, soit «39 fois la taille de Monaco». Il est officiellement la propriété du FSB, les services de sécurité russes.

Appel à manifester

Cet infatigable pourfendeur de la corruption âgé de 44 ans a été arrêté dimanche dès son retour d’Allemagne, où il était en convalescence après son empoisonnement présumé en août, dont il tient Vladimir Poutine pour responsable, malgré les dénégations de Moscou.

Le Kremlin a de son côté rejeté mardi les nombreuses demandes occidentales de libérer Alexeï Navalny et mis en garde ses partisans qui comptent manifester à son appel, ce week-end, en Russie. «C’est une affaire totalement intérieure et nous ne permettrons à personne de s’ingérer là-dedans», a déclaré Dmitri Peskov.

Alexeï Navalny a été incarcéré au moins jusqu’au 15 février dans le cadre d’une procédure pour violation d’un contrôle judiciaire et placé en détention à Moscou. Dès l’annonce de cet emprisonnement, l’opposant et ses partisans ont appelé à manifester, samedi 23 janvier, à travers la Russie. Le porte-parole du Kremlin a jugé que de tels appels et de telles manifestations pouvaient s’apparenter à des «à des activités illégales».

(L'essentiel/AFPE)