Biodiversité

25 avril 2019 14:30; Act: 25.04.2019 14:47 Print

«Nous allons vers la 6e extinction de masse»

Scientifiques et gouvernements se réunissent la semaine prochaine, pour alerter sur le sombre état des écosystèmes de la planète, bouleversés par les activités des hommes.

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L'exercice n'avait pas été fait depuis près de quinze ans: 150 experts de 50 pays ont travaillé pendant trois ans, s'emparant de milliers d'études sur la biodiversité, pour rédiger une évaluation mondiale très attendue des écosystèmes et des services qu'ils rendent à l'homme. Leur rapport de 1 800 pages sera soumis à partir de lundi à Paris aux 130 États membres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui devront discuter ligne par ligne et adopter le «résumé pour les décideurs», sur le modèle du Giec pour le climat.

«Le patrimoine environnemental mondial dont l'humanité dans son ensemble dépend est en train d'être altéré à un niveau sans précédent, avec des impacts en cascade sur les écosystèmes locaux et régionaux», dit le projet de résumé obtenu par l'AFP, qui peut être modifié selon ce que les États voudront mettre en avant. Eau potable, air, insectes pollinisateurs, forêts absorbant le CO2... Le constat est tout aussi alarmant que le dernier rapport du Giec qui, en octobre, avait relevé le fossé grandissant entre les émissions de gaz à effet de serre et l'objectif de limiter le réchauffement climatique et ses effets catastrophiques.

6e extinction massive

Le texte fait d'ailleurs le lien entre ces deux menaces majeures, identifiant certaines causes similaires, en particulier les pratiques agricoles et la déforestation, responsables d'environ un quart des émissions de CO2, mais aussi de graves dommages directs aux écosystèmes. Derrière cette utilisation des terres et l'exploitation directe des ressources (pêche, chasse), premiers coupables des atteintes à la nature, arrivent ensuite le changement climatique, les pollutions de toutes sortes et les espèces invasives.

Résultat, «une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces», selon le projet de synthèse: sur les 8 millions d'espèces estimées sur la planète (dont 5,5 millions d'espèces d'insectes), «un demi-million à un million d'espèces devraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies».

L'homme, la cause

«Il n'y a aucun doute sur le fait que nous allons vers la 6e extinction de masse, et la première causée par les hommes», déclarait pourtant récemment à l'AFPle patron de l'IPBES, Robert Watson. «Mais ce n'est pas quelque chose que le public peut voir facilement.» Alors, pour que la prise de conscience soit plus grande, «il faut leur dire qu'on perd des insectes, des forêts, des espèces charismatiques». Et il faut aussi que «les gouvernements et le secteur privé commencent à prendre au sérieux la biodiversité autant que le climat», insistait le scientifique.

«Il faut être lucide»

Un an avant une réunion très attendue en Chine des États membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15), beaucoup d'experts espèrent que ce rapport de l'IPBES sera une étape cruciale vers un accord aussi marquant que celui de Paris sur le climat. WWF plaide ainsi pour que la COP15 se fixe des «objectifs de haut vol».

Mais alors que les remèdes au changement climatique, qui impliquent des modifications majeures du système productif ou de consommation, provoquent déjà d'importantes résistances, qu'en sera-t-il pour la biodiversité? «Cela va être encore plus difficile», parce que les gens sont moins conscients des problèmes de biodiversité, prédit Jean-François Silvain, président de la Fondation française pour la recherche sur la biodiversité. «Il faut être lucide».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • MoneyIsDoom le 25.04.2019 23:07 Report dénoncer ce commentaire

    Je me fiche de payer, de trimer, d’avoir moins de privilèges mais je vous en prie, faites quelque chose les gouvernements, agissez maintenant ! On est au bord de l’auto-destruction et on entraîne tout le reste dans notre chute. Alors oui, la Terre s’en fiche, mais à quel prix ? Si je devais me sacrifier pour protéger la biodiversité je le ferai. Le bio, les énergies renouvelables marginales, le veganisme... tout ça n’est pas suffisant si pratiqué par une minorité. On veut des changements drastiques, maintenant avant qu’il ne soit trop tard. L’argent est notre fin.

  • Poussez pas derrière ! le 25.04.2019 14:44 Report dénoncer ce commentaire

    J'espère qu'on sera dans la liste ! On le vaut bien !

  • Schlapp le 25.04.2019 16:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    N'oublions pas pour commencer que 70 % des arbres luxembourgeois sont en très mauvais état, il n'y a quasiment plus d'oiseaux, plus d' abeilles...

Les derniers commentaires

  • luxo le 04.05.2019 14:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @vert de vert ce n’est pas les enfants d’Asie ou d’Afrique qui posent un problème de surpopulation mais ceux du Luxembourg qui se rendent à l’école en SUV avec un écran dans la poche . Car chaque Luxembourgeois impact bien plus la planète qu’un millier d’habitants des pays les plus pauvres

  • Marina le 26.04.2019 13:06 Report dénoncer ce commentaire

    Je viens de parcourir le rapport en question consacré à l'Europe. Il y a un problème au niveau de la méthodologie de l'IPBES et de la Red List concernant la détermination des espèces en voie de disparition. Seuls 2℅ des espèces européennes sont caractérisées comme telles, alors que quasi toutes les espèces voient leurs effectifs diminuer, avec des disparitions complètes par endroits. Beaucoup de ces espèces, comme le hérisson sont notés .

    • Marina le 26.04.2019 16:51 Report dénoncer ce commentaire

      ... sont notées "LC", c'est-à-dire une espèce qui est peu ou pas du tout menacée. Hors, la hérisson, autrefois très commun, a quasiment disparu de zones entières et ce dans tous les pays européens. La méthodologie des zoologistes est à revoir.

  • MoneyIsDoom le 25.04.2019 23:07 Report dénoncer ce commentaire

    Je me fiche de payer, de trimer, d’avoir moins de privilèges mais je vous en prie, faites quelque chose les gouvernements, agissez maintenant ! On est au bord de l’auto-destruction et on entraîne tout le reste dans notre chute. Alors oui, la Terre s’en fiche, mais à quel prix ? Si je devais me sacrifier pour protéger la biodiversité je le ferai. Le bio, les énergies renouvelables marginales, le veganisme... tout ça n’est pas suffisant si pratiqué par une minorité. On veut des changements drastiques, maintenant avant qu’il ne soit trop tard. L’argent est notre fin.

  • laboetie le 25.04.2019 22:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Penser avoir pouvoir changer les habitudes des gens ou dire ce qu il faut faire à chacun pour nous sauver tous est un vœux sans avenir. La seule action à faire c’est commencer par soi pour changer nos habitudes et espérer que par la suite d’autres suivre par l’exemple. Convaincre les autres c’est commencer par soi. A méditer ...

  • Réaliste le 25.04.2019 18:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et toujours pas d argent pour sauver une espèce, mais que d argent pour détruire triste que ceux sont les riches les coupables.

    • Fred le 25.04.2019 19:42 Report dénoncer ce commentaire

      @ Réaliste: L'argent est réservé pour sauver des vieilles pierre plus importante que la vie humaine ou animale.