Consommation

08 juillet 2018 12:02; Act: 09.07.2018 12:56 Print

On continue d'étouffer sous le plastique

Entre emballages consommés en abondance et plastiques plus sophistiqués, cette industrie est installée dans une croissance régulière, malgré contestations et durcissement des lois.

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Si l'on ne prend en compte que les plastiques les plus courants (PET, PVC, etc.), la demande mondiale a crû au rythme confortable de 4,7% par an sur la période 1990-2017. (photo: Fred Tanneau)

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En dix ans, la production mondiale de plastiques est passée de 245 millions de tonnes à 348 millions de tonnes en 2017, selon les chiffres de la Fédération européenne PlasticsEurope. La croissance a été de 3,9% en 2017, plus ou moins son rythme de croisière (4% en 2016, 3,5% en 2015). Si l'on ne prend en compte que les plastiques les plus courants, les «thermoplastiques», la demande mondiale a crû au rythme confortable de 4,7% par an sur la période 1990-2017.

«Est-ce que ça va se poursuivre dans les années à venir? On peut supposer que oui», estime Hervé Millet, directeur des affaires techniques et réglementaires de PlasticsEurope. «Les raisons qui expliquent la croissance des plastiques dans le monde, a priori ne vont pas d'un seul coup disparaître». Premier pays producteur de plastiques, la Chine pèse aujourd'hui plus de 29% de la production mondiale, contre seulement 15% dix ans auparavant.

La consommation de plastiques est «liée au développement économique des pays», que ce soit en matière d'infrastructures et de construction, de transports, ou d'applications dans les secteurs électrique et électronique, explique M. Millet. À cela s'ajoute le premier débouché qui est le domaine de l'emballage, en forte demande dans les pays en développement et représentant aussi près de 40% de la consommation de plastiques en Europe.

Polymères techniques

«Il y a un moteur fort dans les pays en développement qui est lié à la consommation» avec une demande de polymères de base pour l'emballage et le conditionnement, observe aussi Pierre Gadrat, directeur chimie et matériaux au cabinet Alcimed. «À l'autre bout de la chaîne, il y a le développement de polymères techniques. C'est toujours aussi dynamique, voire plus qu'avant», ajoute-t-il. La production de nouveaux polymères répond à des applications dans le secteur automobile et le médical. Certaines résines sont utilisées pour l'automobile et l'aéronautique, mais aussi pour des produits de consommation de niche comme des chaussures de sport.

Mais parallèlement, la contestation des plastiques se développe, essentiellement pour des raisons de pollution, et les réglementations se durcissent. En France, la vaisselle jetable en plastique devrait disparaître en 2020, si elle n'est pas biodégradable. Les sacs plastiques fins non compostables y sont déjà interdits depuis 2017. La ville américaine de Seattle vient d'interdire les couverts et pailles en plastique dans ses restaurants et cafés. Fin mai, la Commission européenne a proposé d'interdire les coton-tiges, couverts, assiettes, pailles, mélangeurs à cocktails et tiges de ballons en plastique. Et des mesures similaires se multiplient dans le monde, sur fond d'images d'océans étouffant sous le plastique.

Le recyclage

«Aujourd'hui, ça ne pèse pas de façon massive», remarque Emmanuel Guichard, délégué général de la fédération française de l'emballage plastique (Elipso). Mais «à un moment, on ne peut pas imaginer qu'il n'y ait pas un impact» de ces mesures. «C'est le plastique qui est stigmatisé dans son ensemble», s'alarme Hervé Millet de PlasticsEurope.

Pour des raisons d'image, mais aussi d'intérêt économique bien compris, le secteur commence donc à se pencher très sérieusement sur la question du recyclage. «Le déchet plastique devient potentiellement, par la pression réglementaire de moins en moins un déchet, mais une matière première valorisable», remarque Pierre Gadrat, qui voit dans le recyclage, encore faible, un «des enjeux clés pour demain».

Pour d'autres matériaux d'usage courant, comme les métaux, le verre, le carton, les déchets sont pleinement intégrés aux filières de production. Pour le directeur scientifique de l'organisme de collecte Citeo, Carlos de Los Llanos, «c'est ce qui attend le plastique: la situation d'une industrie qui gère simultanément sa ressource vierge et sa ressource recyclée». Mais «ça s'apprend. Cela demandera encore sans doute quelques années».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • anto le 08.07.2018 21:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    quand vont ils comprendre que la chine va tuer le monde entier et foute la merde partout.

  • Le justicier. le 09.07.2018 08:50 Report dénoncer ce commentaire

    Le plastique n'est pas un problème puisque nous savons le recycler par Valorlux. LE problème, ce sont les dirigeants corrompus de ces pays.

  • torolkozo le 08.07.2018 14:50 Report dénoncer ce commentaire

    On est englouti sous le plastique est le recyclage ne suffit pas mais c'est sans comparaison avec le tiers monde où pour tout dire, il n'y a aucun recyclage !!! La faune des mers et océans étouffe peu à peu en avalant le plastique et nous ne faisons rien non plus !!!

Les derniers commentaires

  • Le justicier. le 09.07.2018 08:50 Report dénoncer ce commentaire

    Le plastique n'est pas un problème puisque nous savons le recycler par Valorlux. LE problème, ce sont les dirigeants corrompus de ces pays.

  • Ordures le 09.07.2018 06:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tous les mois je paye la commune pour faire enlever professionnelement mes ordures. Comment ça se fait que "ces ordures" se retrouvent en pleine mer??? On ferait mieux de faire l'une ou l'autre plainte contre nos centres de recyclages ou autres professionnels du domaine, c.à.d dire les vrais responsables. Je ne jette pas d'ordures par terre et je ne m'en débarasse pas en forêt ni en pleine mer d'ailleurs. J'obéis aux règles en laissant les professionnels s'en occuper et voilà le résultat! ( )

  • Odin le 09.07.2018 02:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le 8eme continent !!!! Le plastique ça rapporte beaucoup d’argent alors chuuuuut. Continuons ainsi, ce n’est que la destruction de notre planète, donc pas d’inquiétude....

  • anto le 08.07.2018 21:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    quand vont ils comprendre que la chine va tuer le monde entier et foute la merde partout.

    • tadisECOLO le 09.07.2018 06:16 Report dénoncer ce commentaire

      arrêtez de tout foutre sur le dos de la CHINE ,NOUS européens ont a pas eu besoin d’eux pour polluer;; interdire le plastique c'est tout (mais politiciens et industriels s'en foutre bien eux car tout est une question de pognon

  • Petitschoux le 08.07.2018 17:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L’humain est le seul mammifère à polluer son habitat ! Mais malgré ça on se prends plus intelligent que les autres habitants de la terre !