États-Unis/Mexique

17 juillet 2019 15:58; Act: 17.07.2019 16:10 Print

On lui demande de choisir entre son père et sa mère

La semaine dernière, une petite Hondurienne de 3 ans a dû dire à un officier de la police des frontières si elle préférait entrer aux États-Unis, avec sa maman ou son papa.

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Une famille hondurienne dit avoir vécu un véritable cauchemar dans un centre de détention de la police des frontières américaines à El Paso (Texas). Un agent s'est approché d'elle pour lui annoncer qu'un seul parent serait renvoyé au Mexique. L'autre pourrait rester sur le territoire américain avec ses trois enfants. Là, selon la famille, l'agent américain s'est tourné vers la cadette, 3 ans, et lui a demandé: «Tu veux aller avec ta maman ou ton papa?».

Ne comprenant rien aux enjeux de sa réponse, la petite Sofi a désigné sa mère, «parce qu'elle est plus attachée à moi», raconte Tania à NPR. En voyant son papa être emmené, l'enfant s'est mise à sangloter. L'officier l'aurait alors grondée: «Tu as dit que tu voulais aller avec ta maman».

L'agent n'avait pas le droit d'imposer un tel choix

Les Honduriens avaient demandé l'asile en juin dernier depuis le Texas. Lors d'une audience le 10 juillet, leur avocate, Linda Rivas, a demandé qu'ils soient retirés du protocole de protection des migrants (MPP) en raison de la maladie cardiaque dont souffre Sofi. Le lendemain, un médecin a examiné l'enfant et assuré à la police des frontières qu'elle était bel et bien atteinte d'une grave maladie, explique L'Obs. On a alors annoncé à Tania qu'elle était autorisée à entrer aux États-Unis, mais seulement elle et ses enfants. Le médecin a eu beau insister, rien n'y a fait. C'est à ce moment-là que l'agent américain aurait posé cette fameuse question à Sofi.

Après d'âpres négociations avec le médecin, la police des frontières a finalement accepté de laisser entrer toute la famille sur le territoire américain. Elle a rejoint des proches dans le Midwest. Selon le médecin qui a aidé les Honduriens, l'agent n'avait pas le droit d'imposer un tel choix à la fillette. Selon 7 sur 7, une enquête pourrait être ouverte pour faire la lumière sur les méthodes de l'officier.

(L'essentiel/joc/afp)