En Allemagne

07 septembre 2018 10:24; Act: 07.09.2018 12:21 Print

«Pas de chasses collectives» à Chemnitz

Le patron du renseignement intérieur allemand a affirmé qu'il n'y avait pas eu d'agressions contre des étrangers dans la ville de l'ex-RDA, contredisant Angela Merkel.

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Le président du renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, a estimé vendredi qu'il n'y avait pas eu de «chasses collectives» contre les étrangers à Chemnitz. (photo: AFP/Tobias Schwarz)

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Le président du renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, a estimé vendredi dans la presse qu'il n'y avait pas eu de «chasses collectives» contre les étrangers lors de violences perpétrées par l'extrême droite fin août à Chemnitz, contredisant ainsi la chancelière Angela Merkel. Il a également assuré dans le quotidien Bild qu'il n'y avait «pas de preuves que la vidéo circulant sur Internet» montrant des agressions commises contre des personnes d'apparence physique étrangère «soit authentique».

«Il y a de bonnes raisons de croire qu'il s'agit d'une fausse information intentionnelle pour éventuellement détourner l'attention de l'opinion publique du meurtre à Chemnitz» d'un homme de 35 ans tué à coups de couteau et pour lequel deux réfugiés, un Irakien et un Syrien, ont été placés en détention provisoire. «Je partage les doutes concernant les comptes rendus dans les médias sur des chasses collectives de l'extrême droite à Chemnitz», a également souligné le président de l'Office de protection de la Constitution.

Immense choc

«Nous n'avons pas d'informations fiables à l'Office de protection de la Constitution selon lesquelles de telles chasses collectives ont eu lieu», a-t-il ajouté. La chancelière Angela Merkel a dénoncé avec véhémence «ces chasses collectives», «la haine dans la rue» qui n'ont «rien à faire dans un État de droit». Depuis, le président de la région de Saxe où se situe Chemnitz, Michael Kretschmer, a également soutenu qu'il n'y avait pas eu de «foule en colère, de chasse collective, de pogroms» à Chemnitz.

Le meurtre de Daniel H. dans la nuit du 26 août avait déclenché des violences de la mouvance néo-nazie et d'extrême droite dans cette ville de l'ex-RDA, des échauffourées qui ont suscité un immense choc dans une Allemagne en pleine ébullition depuis l'afflux de plus d'un million de réfugiés depuis 2015. La police avait fait état de plusieurs personnes agressées dont au moins un Syrien, un Bulgare et un Afghan et une vidéo postée sur Twitter, reprise par les télévisions allemandes notamment, montrait des violences dans la rue contre des personnes à l'apparence étrangère. L'un des journalistes ayant posté cette vidéo a confirmé à Bild l'avoir réalisée ce jour là à Chemnitz.

(L'essentiel/afp)