Trump en remet une couche

16 juillet 2019 07:03; Act: 16.07.2019 10:43 Print

«Pas heureuses ici? Vous pouvez partir!»

Le président américain a poursuivi lundi, ses attaques aux accents xénophobes contre des élues de «la gauche radicale».

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Les élues démocrates Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley, Ilhan Omar et Rashida Tlaib, cibles des diatribes de Trump. Trois d'entre elles sont nées aux États-Unis. (photo: AFP/Alex Wroblewski)

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Les violentes attaques de Donald Trump contre quatre élues démocrates, issues de minorités, ont suscité lundi, des réactions indignées jusque dans son propre camp, au sein duquel des responsables l'ont appelé à s'excuser pour ses tweets «racistes».

À l'approche de la présidentielle de novembre 2020, le milliardaire semble plus déterminé que jamais à souffler sur les braises des tensions raciales pour galvaniser sa base électorale - très majoritairement blanche -, mais aussi à alimenter les divisions chez ses adversaires politiques.

Après avoir conseillé ce week-end aux quatre élues américaines de «retourner» dans leur pays d'origine, le président américain a intensifié lundi ses attaques, les accusant de «haïr» l'Amérique. «Si vous n'êtes pas heureuses ici, vous pouvez partir!», a-t-il lancé depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Lors d'une conférence de presse commune, les quatre femmes visées - Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan) - ont vivement répliqué. «On ne nous fera pas taire», a affirmé l'élue noire Ayanna Pressley, tout en appelant les Américains à «ne pas mordre à l'hameçon» et se laisser prendre par cette surenchère visant d'abord selon elle à détourner l'attention des problèmes touchant la population.

«On ne nous fera pas taire»

«Est-ce que cela vous dérange que nombre de gens trouvent vos tweets racistes?», a demandé lundi un journaliste à Donald Trump. «Cela ne me dérange pas car beaucoup de gens sont d'accord avec moi», a-t-il répondu. La veille, le 45e président des États-Unis avait appelé les élues démocrates à retourner dans «ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent». Trois d'entre elles sont nées aux États-Unis.

Et elles ont répliqué lundi. «On ne nous fera pas taire», a affirmé l'élue noire du Massachusetts, Ayanna Pressley, qui a accusé Donald Trump de manquer «de la grâce, de l'empathie, de la compassion et de l'intégrité qu'exigent la fonction» présidentielle. «J'encourage néanmoins les Américains à ne pas mordre à l'hameçon», a-t-elle ajouté, voyant dans les attaques du milliardaire républicain «une distraction» pour détourner l'attention «des problèmes affectant les Américains».

Également visée par les tweets présidentiels, Ilhan Omar a accusé de son côté Donald Trump, auteur selon elle d'une «attaque ouvertement raciste à l'encontre de quatre élues de couleur», de promouvoir les idées des nationalistes blancs. La benjamine du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, a, elle, déclaré ne pas être «surprise» par la «rhétorique» du président, régulièrement accusé de racisme depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Enfin, l'élue musulmane du Michigan, Rashida Tlaib, a appelé à lancer une procédure de destitution contre Donald Trump. Une question qui divise l'opposition démocrate.

«Écœurant»

La stratégie politique du locataire de la Maison-Blanche est claire: enfoncer des coins dans la famille démocrate, traversée de tensions. Le président américain cible sciemment quatre jeunes élues du Congrès qui se situent sur l'aile gauche du parti et dont les désaccords avec Nancy Pelosi alimentent régulièrement la chronique à Washington. «Avec cette sortie délibérément raciste, Donald Trump cherche à rendre les personnes ciblées plus visibles, à pousser les démocrates à les défendre et à en faire des emblèmes du parti tout entier», a estimé David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama. «C'est un calcul froid et cynique».

Quelques heures plus tard, Donald Trump validait point par point cette analyse en expliquant dans un tweet que les démocrates avaient essayé de prendre leurs distances avec les quatre élues, mais étaient «désormais contraints de les défendre». «Cela signifie qu'ils soutiennent le socialisme, la haine d'Israël et des États-Unis!», a-t-il conclu.

Une réaction venue de l'autre côté de l'Atlantique a retenu l'attention, lundi, dans la capitale fédérale américaine: celle de la Première ministre britannique sur le départ, Theresa May, qui a jugé «totalement inacceptables» les propos du président de la première puissance mondiale. Et la Première ministre de Nouvelle-Zélande s'est jointe mardi, au concert de condamnations: «Il est évident pour beaucoup de monde que je suis complètement et totalement en désaccord» avec Donald Trump, a-t-elle déclaré. Au Luxembourg,Taina Bofferding (LSAP), la ministre à l'Égalité entre les femmes et les hommes, avait également fait part de son indignation.

(L'essentiel/afp)