Au Mozambique

19 juin 2019 18:03; Act: 20.06.2019 14:29 Print

Pas un seul éléphant n'a été tué depuis plus d'un an

L'une des plus grandes réserves naturelles du Mozambique enregistre une nette diminution du braconnage. Une avancée considérable.

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C'est une éclatante victoire pour les éléphants et leurs défenseurs. Après avoir perdu plus de la moitié de ses pachydermes en dix ans, le parc Niassa a enfin trouvé une solution contre le braconnage: depuis un an, aucun éléphant n'a été tué dans cette réserve naturelle, l'une des plus grandes du Mozambique, rapporte CNN. La dernière fois que la mort d'un pachyderme a été enregistrée dans ce sanctuaire remonte au 17 mai 2018.

Jusqu'à l'année dernière, ce site grand comme la Suisse (40 000 km²) était surveillé par des rangers sous-équipés, qui avaient bien du mal à se faire respecter des chasseurs d'ivoire. Il fallait donc changer de stratégie. La Wildlife Conservation Society (WCS), qui gère le parc, s'est alors alliée avec le gouvernement mozambicain. Elle a pu déployer sur place des policiers mieux préparés à affronter les braconniers.

Pas un délit avant 2014

Cette force d'intervention d'élite, qui travaille avec un avion et un hélicoptère, a le droit d'arrêter les chasseurs et de transmettre leur dossier au procureur dans un délai de 72 heures. Pour éviter tout risque de corruption, les policiers détachés sur place ne restent que 45 jours avant d'être remplacés. Les chasseurs risquent jusqu'à 16 ans de prison ferme, alors que la peine encourue jusqu'ici était de 2 ans maximum. À noter qu'avant 2014, le braconnage n'était pas considéré comme un délit au Mozambique. C'est dire l'avancée réalisée dans ce pays.

Près de 5 000 éléphants ont été abattus sur une période de dix ans. Grâce à cette nouvelle gestion, les 4 000 individus restants ont pu survivre au braconnage. La Wildlife Conservation Society pense que le parc Niassa pourrait accueillir 20 000 pachydermes. «Les éléphants maintiennent vraiment tout le système. Ce sont de tels gardiens de l'écologie que toute la santé de Niassa va maintenant être assurée en gardant ces éléphants en vie et en se rétablissant», se réjouit Joe Walston, vice-président des programmes de conservation chez WCS.

(L'essentiel/joc)