États-Unis

10 décembre 2019 08:15; Act: 10.12.2019 08:21 Print

Passe d'armes sur l'Impeachment au Congrès

Démocrates et républicains étaient à couteaux tirés lundi lors d'une audition censée présenter les conclusions de l'enquête ukrainienne.

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Démocrates et républicains sont à couteaux tirés.

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Démocrates et républicains américains se sont écharpés lundi en offrant leurs conclusions diamétralement opposées de l'enquête en destitution contre Donald Trump. Cela illustre les profondes divisions partisanes qui traversent les États-Unis. L'opposition démocrate a présenté son dossier contre le président républicain, en amont d'un vote crucial à la Chambre des représentants sur sa mise en accusation («impeachment»), qui pourrait intervenir avant Noël.

Et les parlementaires s'apprêtent à dévoiler dès mardi les chefs d'accusation retenus contre le milliardaire new-yorkais, qui sont selon plusieurs médias l'abus de pouvoir et l'entrave à la bonne marche du Congrès. La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a en effet annoncé qu'une conférence de presse avec notamment le chef de la commission judiciaire, Jerry Nadler, et le président de la commission du renseignement, Adam Schiff, se déroulerait mardi pour annoncer «les prochaines étapes» du processus de destitution.

«Trump a violé son serment»

Au terme d'une audition acrimonieuse longue de près de dix heures, marquée par de vives passes d'armes, le chef démocrate de la commission judiciaire n'a laissé aucun doute sur sa position. La conduite de Donald Trump «est à l'évidence passible d'une mise en accusation. Cette commission agira en conséquence», a déclaré Jerry Nadler, sans préciser les dates des étapes à venir.

Le milliardaire «a violé son serment envers les Américains, il a fait passer son propre intérêt avant notre sécurité nationale», a-t-il martelé. M. Trump «représente encore aujourd'hui une menace pour l'intégrité de nos élections et notre système démocratique».

«Une honte»

Les républicains ont eux tenu la ligne de défense de la Maison Blanche, dénonçant «un spectacle politique». Les démocrates «n'arrivent pas à se remettre du fait que Donald Trump est président» depuis sa victoire surprise en 2016, a lancé le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins. Proclamant depuis le début de l'affaire qu'il n'a rien fait de mal, Donald Trump a confié lundi avoir regardé «un petit peu» cette audition fleuve. «C'est une honte, c'est un coup monté», a-t-il encore dit.

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont initié fin septembre l'enquête en destitution, après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020. L'accusant d'abus de pouvoir, ils estiment que le président a fait pression sur l'Ukraine, notamment en suspendant une importante aide militaire destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Plusieurs chefs d'accusation

Les parlementaires pourraient aussi inclure le refus de la Maison Blanche de collaborer dans l'enquête en destitution, qu'elle juge «anticonstitutionnelle», dans un second chef d'accusation: l'entrave à la bonne marche du Congrès. Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump deviendra certainement le troisième président de l'histoire, après Andrew Johnson et Bill Clinton, mis en accusation au Congrès américain. Lâché par ses troupes, Richard Nixon avait démissionné avant le vote en séance plénière.

Le milliardaire devrait ensuite être acquitté lors du procès au Sénat, où les républicains sont majoritaires et le soutiennent largement.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • FullmétalJF le 10.12.2019 10:47 Report dénoncer ce commentaire

    Ce qui pourrait surprendre un Européen c'est 1. Le fait que l'on passe de suite à la destitution sans passer par la case "mise en garde" ou "blâme" par exemple. 2. Le fait qu'il n'y ait pas une troisième force ou d'autres partis pour élargir le débat qui se résume en un face à face où le plus fort l'emportera. Aux USA c'est le tout (destitution immédiate) ou le rien (on continue et on peut être réélu)...

  • Passe d'armes le 10.12.2019 09:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'ai regardé une partie de la séance en direct, c'était gratiné! Certains duels étaient dignes des meilleurs westerns américains, il ne manquait que les colts pour que ça vire au bain de sang. Une chose est sûre c'est qu'à la "Maison" quand on lave le linge sale on ne fait pas ça à moitié.

  • Margharita Pourri le 10.12.2019 08:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est évident qu'il représente encore aujourd'hui une menace pour l'intégrité des élections et du système démocratique US surtout quand il dit qu'il fait plus confiance à Poutine ...

Les derniers commentaires

  • FullmétalJF le 10.12.2019 10:47 Report dénoncer ce commentaire

    Ce qui pourrait surprendre un Européen c'est 1. Le fait que l'on passe de suite à la destitution sans passer par la case "mise en garde" ou "blâme" par exemple. 2. Le fait qu'il n'y ait pas une troisième force ou d'autres partis pour élargir le débat qui se résume en un face à face où le plus fort l'emportera. Aux USA c'est le tout (destitution immédiate) ou le rien (on continue et on peut être réélu)...

  • Passe d'armes le 10.12.2019 09:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'ai regardé une partie de la séance en direct, c'était gratiné! Certains duels étaient dignes des meilleurs westerns américains, il ne manquait que les colts pour que ça vire au bain de sang. Une chose est sûre c'est qu'à la "Maison" quand on lave le linge sale on ne fait pas ça à moitié.

  • Margharita Pourri le 10.12.2019 08:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est évident qu'il représente encore aujourd'hui une menace pour l'intégrité des élections et du système démocratique US surtout quand il dit qu'il fait plus confiance à Poutine ...

    • Vivien le 10.12.2019 10:39 Report dénoncer ce commentaire

      Il a été élu grâce à l'intervention du Kremlin. On en a discuté mais rien n'a suivi alors qu'il s'agit d'une trahison. Par contre il est attaqué pour la seule chose juste de tout son mandat, lorsqu'il a incité le président ukrainien d'enquêter sur Joe Biden et son fils. Quelle conclusion en tirer? Vous pouvez faire n'importe quelle connerie, mais il ne faut pas toucher à un autre politicien, même s'il est coupable

    • @Vivien le 10.12.2019 12:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Faux. En ce qui concerne l'intervention russe dans les élections, Trump n'y avait 'pas contribué'. C'est prouvé! En ce qui concerne l'Ukraine, il est prouvé qu'il a 'personnellement' commis une faute très grave. 'Ça' c'est la différence qui change tout.