Bahreïn

13 juillet 2020 12:55; Act: 13.07.2020 13:53 Print

Peine de mort malgré des «aveux sous la torture»

Deux Bahreïnis ont été condamnés à mort pour meurtre et tentative de meurtre, malgré les preuves semblant démontrer que les aveux de leur crime leur ont été arrachés par la force.

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Le meurtre aurait été commis avec un engin explosif. (photo: AFP)

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La Cour de cassation de Manama a confirmé, lundi, la condamnation à mort de deux Bahreïnis pour le meurtre d’un policier en 2014, après avoir examiné l’affaire pour la deuxième fois, à la suite d’accusations de torture sur les suspects. La Cour de cassation, la plus haute juridiction du royaume de Bahreïn, avait confirmé, une première fois, la condamnation à mort de Mohammed Ramadan et Hussein Moussa, des chiites, en 2015.

Ce verdict a été annulé après l’apparition d’un rapport médical du ministère de l'Intérieur qui n’avait pas été divulgué auparavant et qui semble corroborer, selon Human Rights Watch, des allégations de torture sur les deux accusés. Mais la cour d'appel a rétabli les peines en janvier 2020, ce qui a été condamné par Amnesty International, qui a estimé que le procès reposait sur des «aveux arrachés sous la torture».

Bahreïn accuse l’Iran

Lundi, Haroun al-Zayani, un responsable du bureau du procureur général a déclaré que «la Cour de cassation a confirmé aujourd’hui la condamnation à mort de deux accusés pour le meurtre d’un policier et tentative de meurtre d’autres policiers (…) lors d’un guet-apens en 2014 pendant lequel a été utilisé un engin explosif».

Sayed Alwadaei, directeur de l’ONG Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD), a dénoncé le jugement, dans un communiqué depuis Londres. «Le verdict d’aujourd’hui est une nouvelle tache sombre pour les droits de l'homme au Bahreïn et démontre la mainmise du régime sur le système judiciaire corrompu du pays», a-t-il dit. «Cette horrible injustice n’aurait pas pu se produire sans l’acceptation tacite des alliés occidentaux du Bahreïn», a ajouté M. Alwadaei.

Selon lui, le jugement est final et les deux hommes peuvent être exécutés s’ils ne sont pas graciés par le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa. Bahreïn, siège de la Ve Flotte des États-Unis, est secoué par des troubles sporadiques depuis la répression des manifestations de 2011, qui demandaient des réformes politiques dans le sillage du printemps arabe.

(L'essentiel/afp)