Asie

20 mai 2020 09:38; Act: 20.05.2020 18:15 Print

Pékin doit accepter de «coexister» avec Taïwan

La présidente Tsai Ing-wen, réélue en janvier, a prêté serment mercredi, et répété que Taïwan ne se résoudrait jamais à la domination chinoise.

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Tsai Ing-wen, le 20 mai 2020, à Taïwan. (photo: AFP)

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Les Taïwanais ont triomphalement réélu Tsai Ing-wen en janvier en dépit des efforts de Pékin pour isoler l’île depuis son arrivée au pouvoir en 2016. La dirigeante de 63 ans est la bête noire de la Chine continentale, car elle considère que son île est un État souverain de facto, et qu’elle rejette fermement la vision chinoise d’une «Chine unique».

Depuis son élection en 2016, la Chine a exclu toute offre de négociation avec Taïwan et intensifié les pressions économiques, militaires et diplomatiques contre une île qu’elle voit toujours comme une province rebelle appelée à revenir dans le giron de la mère patrie, par la force si nécessaire. La Chine «ne tolérera jamais» une sécession de Taïwan. Pékin a fait cette déclaration après l'investiture pour un second mandat de sa bête noire, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, issue d'un parti indépendantiste.

«Un pays, deux systèmes»

«Nous avons une détermination sans faille, une confiance totale et toutes les capacités de défendre la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale», a averti le porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises, Ma Xiaoguang. «Nous ne tolérerons jamais aucune action sécessionniste», a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Le pouvoir central chinois défend l’idée pour Taïwan du modèle «Un pays, deux systèmes», comme celui en vigueur à Hong Kong, en vertu duquel l’île conserverait ses libertés tout en se soumettant à Pékin. Une solution que Tsai Ing-wen a écartée mercredi lors de son investiture.

Le refuge des nationalistes du Kuomintang

«Nous n’accepterons pas l’utilisation par les autorités chinoises du "Un pays, deux systèmes" pour déclasser Taïwan et miner le statu quo entre les deux rives du détroit», a-t-elle dit. Elle a réitéré son offre de dialogue avec Pékin et invité le président chinois Xi Jinping à travailler avec elle pour réduire les tensions. «Les deux côtés ont le devoir de trouver un moyen de coexister sur le long terme et d’empêcher que l’antagonisme et les divergences ne s’aggravent», a-t-elle ajouté.

Taïwan fut à la fin de la guerre civile chinoise en 1949 le refuge des nationalistes du Kuomintang emmenés par Tchang Kaï-chek et défaits par les communistes, et la base de la «République de Chine», qui se voulait la continuité légitime de la première république chinoise proclamée en 1912 à Nankin.

(L'essentiel/afp)