Chine

04 juillet 2020 09:10; Act: 04.07.2020 09:15 Print

Pékin relance le don d’organes, pratique tabou

Depuis l'interdiction des prélèvements sur les condamnés à mort exécutés, le pays fait face à une pénurie d’organes. Une loi est en préparation.

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Le projet de loi publié par le ministère de la Santé prévoit notamment la possibilité de donner des organes de proches décédés. (photo: KEYSTONE)

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La Chine envisage de modifier les règles du don d'organes afin d'attirer de nouveaux donneurs. Le pays fait face à une pénurie depuis l'interdiction en 2015 des prélèvements sur les condamnés à mort exécutés. Le projet de loi publié par le ministère de la santé, et soumis à avis du public jusqu'à fin juillet, prévoit notamment la possibilité de donner des organes de proches décédés.

Il rend également illégal le prélèvement d'organes sur des mineurs, afin de lutter contre l'enlèvement d'enfants à cette fin. Le texte prévoit des sanctions pour les individus et les institutions impliqués dans le trafic d'organes. Les amendes pourront ainsi s'élever à 10 fois les profits réalisés et les médecins pourront être suspendus.

Prélèvements forcés

«Des peines existent déjà, mais des hôpitaux continuent d'effectuer un grand nombre de transplantations sans que l'on sache d'où proviennent les organes», a déclaré Matthew Robertson, chercheur à l'université nationale australienne.

La Chine est régulièrement accusée par des membres de la secte Falun Gong, interdite dans le pays, de se livrer à des prélèvements d'organes forcés sur ses adeptes emprisonnés. Pékin a toujours fermement nié ces accusations. La tradition chinoise veut qu'un mort soit enterré sans mutilation. Très rares sont les Chinois qui acceptent le prélèvement d'organes.

(L'essentiel/afp)