Présidentielle américaine

29 mars 2019 07:23; Act: 29.03.2019 09:56 Print

Pete Buttigieg, étoile montante démocrate

Il souhaite devenir le plus jeune président des États-Unis mais aussi le premier président gay. Portrait du démocrate Pete Buttigieg.

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À 37 ans, l'Américain Pete Buttigieg a servi en Afghanistan, est diplômé d'Harvard, a appris sept langues et est le maire d'une ville du Midwest. Son nouveau défi: devenir le plus jeune président des États-Unis, et le premier ouvertement gay. Lorsqu'il a commencé à envisager d'en découdre avec Donald Trump en 2020, peu de gens en dehors de sa ville de South Bend, dans l'Indiana, savaient qui était ce jeune démocrate, et encore moins comment prononcer son nom (il faut dire «Boutidjedj», patronyme courant à Malte, dont son père est originaire).

Maintenant qu'il s'est lancé dans la course à l'investiture démocrate, il est devenu une coqueluche des médias, soudain omniprésent alors même qu'il n'a pas encore annoncé officiellement qu'il était candidat. Et il trace sa route, avec un mélange de calme et de confiance, de passion, de pragmatisme et d'ambition intellectuelle qui a impressionné lors de ses passages dans l'Iowa ou en Caroline du Sud.

Manque d'expérience supposé

Les gens «aiment sa manière de faire campagne, ils aiment son message», juge le chef du parti démocrate dans l'Iowa, Troy Price. Ils «sont intrigués par lui et veulent l'entendre parler de ce qu'il pense», a-t-il dit à l'AFP, mardi. Studieux, intelligent, Pete Buttigieg n'esquive pas la question qui revient sans cesse sur son âge et son manque d'expérience supposé. «J'ai davantage d'années d'expérience en matière de gouvernance que le président» Donald Trump, a-t-il récemment dit. «Donc je comprends, je suis le jeune. Mais je dirais que l'expérience, c'est ce qui me qualifie pour avoir une place à cette table».

Dans l'Iowa, ses soutiens ont bondi de 1% à 11% et il est passé à la troisième place selon un sondage Emerson Polling publié dimanche, derrière l'ancien vice-président Joe Biden et le sénateur Bernie Sanders, et devant des candidates connues comme les sénatrices Kamala Harris et Elizabeth Warren. Il a en outre montré qu'il était capable de lever des fonds pour sa campagne, rassemblant ainsi 600 000 dollars en contributions dans les 24 heures suivant un récent événement organisé par CNN.

«Mayor Pete»

Celui que beaucoup appellent «Mayor Pete» («Pete le maire») a grandi à South Bend, ville autrefois florissante dont l'économie s'est effondrée quand les géants de l'automobile comme Studebaker ont fermé leurs usines, dans les années 1950 et 60. South Bend a depuis repris du poil de la bête, et la revitalisation de certaines parties du centre-ville a été attribuée à Buttigieg.

En 2016, lorsque Hillary Clinton bataillait contre Trump, Buttigieg avait noté un «manque d'enthousiasme fatal» pour le message des démocrates chez les électeurs issus de la classe populaire dans sa région, et souligné la nécessité pour son parti d'aller à la rencontre des partisans du républicain dans le Midwest. «Notre message, c'était: ne votez pas pour lui parce qu'il est affreux. Et bien qu'il le soit, ce n'est pas un message», a mis en garde Buttigieg lors d'une émission de radio à New York. «Je déteste devoir le dire, mais il pourrait absolument l'emporter de nouveau si nous ne nous montrons pas intelligents».

Un partisan de l'unité

En tant que maire, le jeune homme, qui s'est marié à l'église avec son compagnon à l'été 2018, a régulièrement réagi à des propos du conservateur religieux Mike Pence, ancien gouverneur de l'Indiana devenu aujourd'hui vice-président des États-Unis. «Comment a-t-il pu devenir la pom-pom girl d'une présidence de stars du porno?», a dit Buttigieg, en allusion à des liaisons présumées du président, notamment avec l'actrice X Stormy Daniels. «A-t-il arrêté de croire aux Saintes Écritures quand il a commencé à croire en Donald Trump?», a-t-il lancé.

Après les divisions exacerbées de l'ère Trump, il se présente comme un partisan de l'unité. Pete Buttigieg, qui parle notamment le français, l'espagnol et l'arabe, a fait son coming out lorsqu'il s'est porté candidat à sa propre réélection, et a gagné avec 80% des voix. Il est pour que la couverture santé soit étendue à tous les Américains et est pro-syndicats. Il veut aussi que le système des grands électeurs à la présidentielle soit aboli car il est selon lui antidémocratique. Ce lieutenant réserviste de l'US Navy a dû partir sept mois en Afghanistan en tant qu'officier du contre-espionnage pendant son mandat de maire.

(L'essentiel/afp)