Maroc

09 septembre 2019 14:11; Act: 09.09.2019 14:27 Print

«Pour être un homme, il faut tabasser sa femme»

Lors d'une émission diffusée fin juin, un chanteur populaire marocain a fait l'apologie de la violence contre les femmes. Ces images refont surface, et les internautes réclament des sanctions.

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«Celui qui ne tabasse pas sa femme n'est pas un homme». Ces propos sont ceux d'Adil El Miloudi, un chanteur populaire marocain invité sur la chaîne Chada TV le 29 juin dernier. Si elles étaient passées plus ou moins inaperçues lors de la diffusion de l'émission «Kotbi Night», les paroles de l'artiste ont refait surface il y a quelques jours sur les réseaux sociaux. Révoltés, les internautes réclament notamment l'ouverture d'une enquête judiciaire.

Lors de ce talk-show présenté par l'animateur Imad Kotbi, Adil El Miloudi a fait l'apologie de la violence contre les femmes. En présence de l'acteur franco-algérien Samy Naceri, le chanteur a expliqué qu'il tabassait toujours sa femme, ce qui lui avait d'ailleurs valu un passage en garde à vue en Espagne. «Elle a dit aux flics que je ne lui ai rien fait, ils m'ont relâché 24 heures après. Au Maroc, c'est normal, chacun peut faire ce qu'il veut de sa femme, la frapper, la tuer», a-t-il ajouté. Des paroles que l'animateur, mal à l'aise, a traduits à Samy Naceri, lui-même condamné par le passé pour des violences sur son ex-compagne.

Pas la première frasque

Interrogé par le HuffPost Maroc, l'animateur Imad Kotbi a rétorqué que lorsque cette émission a été diffusée, la chaîne Chada TV n'était pas encore sous tutelle de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) (NDLR: le pendant du CSA en France). Sur les réseaux sociaux, la colère gronde. Nombreux sont ceux qui réclament l'ouverture d'une enquête judiciaire contre le chanteur ainsi qu'une interdiction d'apparaître sur scène ou à la télévision. Ils exhortent par ailleurs les associations de défense des droits des femmes à réagir.

Connu pour ses propos sexistes et agressifs, Adil El Miloudi n'en est pas à sa première frasque. En 2018 par exemple, il avait provoqué un tollé en prenant la défense, via un live Facebook, du chanteur Saad Lamjarred, alors mis en examen pour viol pour la seconde fois en deux ans.

(L'essentiel/joc)