Vol MH370

19 mars 2014 16:04; Act: 19.03.2014 16:27 Print

Pourquoi les GSM n'ont-​​ils pas été utilisés?

À l'ère des smartphones et des réseaux sociaux, la disparition du Boeing de Malaysia Airlines soulève une question de plus: pourquoi les passagers n'ont-ils pas contacté leurs proches?

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Alors que l'enquête sur la disparition du Boeing 777 avec 239 personnes à bord dure depuis plus de dix jours, cette absence d'appels ou d'e-mails pourrait être un indice. Face à ce qui apparaît comme l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aéronautique, cela pourrait indiquer que l'avion volait haut ou au-dessus de l'eau. Ou que les passagers étaient inconscients, en raison par exemple d'une dépressurisation de la cabine.

Selon les experts, plus ils auraient été proches d'un réseau de téléphonie terrestre, plus les passagers auraient eu une chance d'utiliser leurs portables ou autres appareils électroniques. Mais beaucoup sont sceptiques sur la possibilité d'établir un contact téléphonique et de le maintenir, en vol et à grande vitesse, en particulier en altitude de croisière. Pour l'établissement du contact entre un téléphone portable et un réseau, il faut en effet un signal suffisamment fort des deux côtés.

Absence de réseau interne sur ce vol

Pour le consultant en télécommunications Koh Chee Koon, cette connexion est «théoriquement» possible si l'avion a volé entre 23 000 pieds (7 000 m) et 45 000 pieds (13 700 m) après avoir perdu le contact avec le contrôle aérien, comme l'indiquent des informations non confirmées. Mais, compte tenu de la puissance limitée des téléphones portables ordinaires, ainsi que de l'obstacle constitué par l'habitacle de l'avion, «il faudrait avoir de la chance» pour obtenir une connexion d'une qualité acceptable, a ajouté l'expert.

Les avions utilisés lors des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis volaient relativement bas, au-dessus d'une zone couverte par des réseaux de téléphonie mobile. Et la plupart des appels auraient de toute façon été passés depuis les téléphones à bord, et non depuis des portables. Certaines compagnies aériennes ont récemment permis l'utilisation des téléphones portables en vol, grâce à l'installation d'un réseau à l'intérieur de l'appareil. Mais ce service n'était pas disponible sur le vol MH370, selon Malaysia Airlines.

Absence totale de preuve

Sans ce système, un téléphone portable ne peut pas être utilisé au-dessus d'environ 500 m d'altitude, pour un avion de ligne, et ne doit pas être trop loin d'une tour, selon A .K. Dewdney, professeur d'informatique à l'Université d'Ontario occidental, au Canada. «Aucun téléphone portable ne pourrait réussir à se connecter d'un avion au milieu de l'océan, même à basse altitude, a-t-il assuré. Et à une altitude de croisière normale, aucun téléphone portable ne pourrait entrer en contact avec le sol», a insisté Dewdney, qui avait conduit des recherches sur la question après le 11-Septembre.

Le patron de Malaysia Airlines, Ahmad Jauhari Yahya, a expliqué lundi qu'il n'y avait aucune preuve que des passagers aient tenté de téléphoner, tout en notant que des «millions» de données téléphoniques devaient encore être analysées. Renforçant le mystère, les médias chinois ont raconté que des proches de passagers avaient tenté de les joindre sur leurs portables après la disparition de l'avion et que les téléphones avaient sonné. Mais pour les experts, cela n'est pas une preuve que les téléphones fonctionnaient.

«La police traque tout le temps les téléphones portables»

Même si personne à bord n'a passé d'appel, relever des tentatives de contact entre un réseau et des téléphones à bord – que certains passagers pourraient avoir oublié d'éteindre – pourrait donner des indications sur le trajet de l'avion après sa disparition. Pour tracer ces «handshakes», les enquêteurs font face à la difficulté de collecter chaque numéro d'identification des téléphones des passagers, ainsi que les données des opérateurs dans les pays qui auraient pu être survolés, dont certains, comme la Birmanie, ont encore des réseaux embryonnaires.

Après avoir fait demi-tour environ une heure après son décollage de Kuala Lumpur et avoir traversé la Malaisie, le Boeing a probablement survolé une zone couverte par un réseau. Mais les chances de repérer des «handshakes» dépendent de l'altitude de l'avion et de sa proximité avec les tours survolées. «La police traque tout le temps les téléphones portables à partir du dernier appel passé», note Ken Dulaney, analyste au cabinet de recherche Gartner. Mais ce n'est possible que si les appareils sont à portée d'un réseau.

(L'essentiel/AFP)