Présidentielle en Ukraine

28 mars 2019 16:24; Act: 28.03.2019 16:59 Print

«Princesse du gaz», «roi du chocolat» ou comédien

Les citoyens se rendent dimanche aux urnes pour le premier tour de la présidentielle, dans un pays meurtri par la guerre. Découvrez les favoris.

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Ioulia Timochenko, Petro Porochenko et Volodymyr Zelensky sont les trois favoris à l'élection présidentielle en Ukraine. (photo: AFP)

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Le premier tour de la présidentielle en Ukraine, dimanche, oppose 39 candidats. Les favoris des sondages sont le comédien Volodymyr Zelensky, le chef de l'État actuel Petro Porochenko et l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko. Volodymyr Zelensky a déjà été président: dans la série télévisée «Serviteur du peuple», où il incarne un professeur d'histoire arrivé subitement à la tête de l'État.

À 41 ans, il s'est imposé comme le favori des sondages. À chaque enquête d'opinion, il devance un peu plus ses adversaires dans un contexte de mécontentement des Ukrainiens face à leurs élites, jugées corrompues et inefficaces. Ses partisans voient en lui une bouffée d'air frais dans la politique ukrainienne, tandis que ses détracteurs dénoncent un programme flou et un manque d'expérience dangereux pour un pays en guerre.

M. Zelensky a évité les meetings électoraux. Il a limité les contacts avec les électeurs aux spectacles humoristiques de sa troupe. Il s'exprime dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux plutôt qu'à la télévision ou dans la presse. Père de deux enfants et diplômé de droit, il est originaire de Kriviï Rig, ville industrielle du centre de l'Ukraine.

Au cœur de plusieurs procédures judiciaires

Ioulia Timochenko, 58 ans, est une figure infatigable de la politique ukrainienne depuis près de vingt ans. Elle s'est surtout illustrée lors de la Révolution orange de 2004, qui a porté pour la première fois des pro-occidentaux au pouvoir à Kiev. Si elle a depuis abandonné son emblématique coiffure à tresse blonde, elle a gardé son sens du spectacle.

Première ministre en 2005 puis de 2007 à 2010, elle perd finalement l'élection présidentielle la même année face à Viktor Ianoukovitch, destitué quatre ans plus tard après un soulèvement populaire pro-occidental à Kiev. Mme Timochenko a été au cœur de plusieurs procédures judiciaires. En 2011, elle a été condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans le cadre de contrats gaziers signés avec la Russie, à l'issue d'un procès dénoncé comme politique par les Occidentaux.

Libérée en 2014, elle est arrivée deuxième à la présidentielle la même année, loin derrière Petro Porochenko. Si ses soutiens vantent sa détermination et son expérience, ses détracteurs dénoncent un discours populiste et l'accusent d'entretenir des liens secrets avec le Kremlin. Surnommée la «princesse du gaz» pour avoir été à la tête d'une entreprise de distribution d'hydrocarbures dans les années 1990, elle a promis de diviser par deux la facture énergétique des Ukrainiens si elle était élue.

Porochenko a perdu son statut de milliardaire en dollars

Riche homme d'affaires ayant fait fortune dans la confiserie, Petro Porochenko a été élu président en 2014 après la fuite en Russie de son prédécesseur. Il promettait alors de terrasser la corruption et de mettre rapidement fin au conflit armé qui venait d'éclater dans l'est du pays. Cinq ans plus tard, ses détracteurs dénoncent l'échec de ces promesses, bien qu'il puisse se vanter d'avoir renforcé les liens de l'Ukraine avec les Occidentaux. Mais son pays reste en proie à une guerre qui a fait près de 13 000 morts.

Un des hommes les plus riches d'Ukraine avant son élection, il a cependant perdu en 2015 son statut de milliardaire en dollars selon le magazine américain Forbes. Ce père de quatre enfants, âgé de 53 ans, est entré en politique comme député en 1998. Originaire d'une région russophone, il est l'un des fondateurs du parti pro-russe de M. Ianoukovitch en 2010.

(L'essentiel/afp)