Missile nord-coréen

29 novembre 2017 10:46; Act: 29.11.2017 12:25 Print

Pyongyang peut frapper «partout dans le monde»

Les experts estiment que la Corée du Nord dispose désormais d'un missile pouvant avoir une portée de plus de 13 000 km.

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Kim Jong-un est en passe de réussir son pari. (photo: AFP/str)

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Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a estimé que le test balistique intercontinental effectué mercredi par la Corée du Nord montrait qu'elle pouvait désormais frapper «partout dans le monde». Les militaires américains et les experts se basent pour faire cette analyse sur l'altitude du tir, jamais atteinte jusqu'ici par le régime de Pyongyang. Pour les États-Unis, il s'agit d'un nouveau défi lancé à leurs capacités de défense antimissile pour protéger le territoire américain et celui de leurs alliés.

David Wright, expert et codirecteur de l'Union of Concerned Scientists, évoque des informations selon lesquelles l'engin se serait élevé de plus de 4 500 km ce qui lui donnerait un immense rayon d'action. «Si ces chiffres sont corrects, en volant sur une trajectoire normale et pas sur une trajectoire en cloche, ce missile pourrait avoir une portée de plus 13 000 km , estime le scientifique sur le blog de son organisation. «Un tel missile aurait un rayon d'action suffisant pour atteindre Washington D.C. (la capitale fédérale américaine) et en fait n'importe quelle partie des États-Unis continentaux», ajoute-t-il.

Des milliards pour développer des technologies

Après le test balistique du 4 juillet, les experts avaient estimé que l'Alaska était à portée de tir des Nord-Coréens. Si les informations sur l'altitude du tir de mercredi sont confirmées, cela marquerait une augmentation rapide et spectaculaire des capacités du régime de Kim Jong-un. La grande crainte de Washington et ses alliés est que les Nord-Coréens puissent un jour équiper un de leurs missiles d'une tête nucléaire. Les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars pour développer des technologies capables de les protéger contre des missiles balistiques. Et ils restent convaincus de l'efficacité de ces systèmes.

«L'alliance entre les États-Unis et la Corée du Sud reste confiante dans sa capacité à se défendre contre la menace de la Corée du Nord», a déclaré un porte-parole du Pentagone, le colonel Rob Manning, peu après le dernier tir nord-coréen. Les Américains et leurs alliés disposent en effet d'une gamme de technologies, mais aucune n'est complètement infaillible. Face aux missiles intercontinentaux, ils disposent du système GMD (Ground-based Midcourse Defense), installé à Fort Greely, à environ 160 km de Fairbanks, en Alaska et sur la base de Vandenberg, en Californie.

Radars et capteurs

Cet élément-clé de la défense antimissile américaine a été testé avec succès en mai en Californie mais il avait eu des performances plus mitigées auparavant et pourrait être débordé en cas de tir de missiles en rafale. Outre le système GMD, les États-Unis et leurs alliés ont aussi à leur disposition le système AEGIS, pour Aegis Ballistic Defense System. Il s'agit d'un dispositif embarqué sur des navires comprenant des radars et des capteurs extrêmement sensibles qui fournit des informations aux systèmes contre les missiles intercontinentaux GMD en Alaska et en Californie. Mais AEGIS a également sa propre capacité à intercepter des missiles de plus courte portée. Certains experts estiment qu'AEGIS pourrait avoir un jour la capacité d'intercepter dans certaines circonstances des missiles intercontinentaux.

Les États-Unis ont également commencé à déployer en Corée du Sud des systèmes THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), capables de détruire des missiles de portées courtes, moyennes et intermédiaires dans la phase finale de leur vol. Ce déploiement avait suscité le mécontentement de la Chine qui y voit un facteur de déstabilisation de la péninsule coréenne. Les Américains et leurs alliés de Corée du Sud et du Japon peuvent aussi compter sur des batteries de missiles Patriot Advanced Capability-3. Ils sont surtout destinés à affronter des menaces régionales et auraient des effets limités face à des tirs intercontinentaux. En Europe, les alliés des États-Unis possèdent également des systèmes antimissiles, mais ils sont concentrés sur la menace d'armes de courte portée venant potentiellement de Russie ou du Moyen-Orient.

(L'essentiel/AFP)