Attentat à New York

01 novembre 2017 16:28; Act: 02.11.2017 13:33 Print

Quand Halloween tourne au véritable cauchemar

Mardi les New-Yorkais fêtaient Halloween et des milliers d'enfants étaient dans les rues au moment même de l'attaque terroriste qui frappait Manhattan.

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Un petit garçon déguisé en Grande Faucheuse marche dans le quartier de TriBeCa à New York, en quête de bonbons et de confiseries, évitant journalistes et policiers. À quelques mètres, la mort est devenue réalité avec l'attaque terroriste qui a fait huit morts et onze blessés.

«Cela a été terrible. Nous étions ici toute la journée. C'est notre chemin pour aller à l'école, le chemin que nous prenons pour promener le chien, pour aller au supermarché. Nous sommes d'ici», raconte Yvonne Villiguer, 52 ans et mère de l'enfant de 9 ans déguisé en Faucheuse.

«Ils ont ruiné Halloween»

Les New-Yorkais avaient prévu d'aller quémander des confiseries de porte en porte dans le quartier, l'un des plus réputés pour le «trick or treat» traditionnel de Halloween. Mais l'attaque a chamboulé leurs plans et ils ont décidé de se limiter à un seul bâtiment, proche de chez eux et où habitent des amis.

«Ils ont ruiné Halloween», déplore Conce Dadd, portier d'un immeuble situé à quelques mètres de l'attaque, tout en ouvrant et refermant les portes aux enfants déguisés qui en Harry Potter, qui en lutteur de sumo. «Ainsi va la vie. Cela peut se passer à n'importe quel moment. On ne peut rien y faire, juste punir le coupable», ajoute-t-il, fataliste.

La rue est déjà sombre et on ne voit plus que les lumières des voitures de police et des pompiers, dépêchées par dizaines sur les lieux. Une mère court derrière des fillettes d'une dizaine d'années, déguisées en Alice au Pays des Merveilles, en Minnie Mouse et en bergère.

«C'est inquiétant»

Juste après avoir entendu qu'il y avait eu un attentat, sa fille et ses amies avaient peur de sortir dans le quartier pour faire leur tournée gourmande. Mais l'excitation pour cette fête, qu'elles ont attendue toute l'année, a repris le dessus, et elles sont sorties malgré tout.

«Je suis très nerveuse et triste, car c'est un comble qu'il se passe quelque chose ici, juste le jour si spécial pour les enfants. Et si près de l'école, c'est inquiétant», dit Angelica Pinera, la mère, devant l'école primaire dont les portes ont été fermées par sécurité une heure durant, après l'attentat.

Déguisés en petit Chaperon rouge et en grand méchant loup, les fils d'Ilke Mancov, lui aussi résident de TriBeCa, contournent le cordon de police, qui dit «Passage interdit: scène de crime», afin d'atteindre les sacs de friandises soigneusement gardés par leurs parents.

«Je suis très inquiet pour ma famille. C'est arrivé quand j'étais au travail, et nous vivons à seulement une rue du lieu de l'attentat. Il y a beaucoup d'enfants ici», dit-il, pointant du doigt une école primaire d'un côté, un lycée de l'autre. «C'est le monde dans lequel nous vivons. Si c'était arrivé une heure plus tôt, les enfants auraient été en train de sortir de l'école et cela aurait été bien pire», relève-t-il.

(L'essentiel/nxp/ats)