Fusillade du Texas

19 mai 2018 11:38; Act: 19.05.2018 11:41 Print

«Quand il a ouvert la porte, il était en mode 'surprise'»

Les élèves du lycée de Santa Fe sont traumatisés après la fusillade qui a fait 10 morts vendredi. Ils décrivent des scènes «terrifiantes».

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Un jeune homme de 17 ans a provoqué un bain de sang vendredi dans son lycée de Santa Fe au Texas. Evan San Miguel était en cours lorsque le tireur a surgi, annonçant une «surprise». Et là, la fusillade a commencé. «C'était terrifiant, terrifiant. Je ne savais même pas si j'allais jamais rentrer chez moi ou pas», dit cet adolescent de 15 ans qui figurait parmi les lycéens de cet établissement du Texas devenu soudain le lieu de la dernière tuerie en date à frapper une école américaine.

Elèves, parents, habitants de cette communauté rurale plutôt soudée proche de la grande métropole de Houston, conseillers psychologiques, responsables politiques, tous se sont retrouvés pour une veillée, quelques heures après que Dimitrios P., un garçon de 17 ans, eut abattu dix personnes, en majorité des camarades de classe, et blessé dix autres pour des raisons encore non éclaircies avant de se rendre à la police.

Des prières et des larmes

Entre les cierges, les prières et les larmes, Evan et ses amis se souviennent de ce matin d'horreur à la Santa Fe High School. «Quand il a ouvert la porte pour tirer sur Kyle, il était en mode 'surprise', puis il lui a tiré dans la poitrine», raconte Evan, dont l'épaule gauche a été frôlée par une balle et qui a le genou bandé après des coupures dûes à du verre brisé. Le meurtrier a ensuite quitté la salle. Evan et les autres survivants se sont barricadés à l'intérieur dans l'attente de la police qui les a plus tard conduits en lieu sur.

Lors de la veillée de prières, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, et le sénateur Ted Cruz ont embrassé des membres des familles affligées tandis que des chiens étaient positionnés parmi les élèves pour leur apporter une forme de réconfort et des religieux prononçaient des prières.

Une autre élève, Bailee Sobnosky, se trouvait à l'arrière du lycée quand elle a entendu des coups de feu. Forte de l'expérience acquise lors d'un exercice d'alerte trois mois plus tôt, elle a traversé la rue en courant pour se réfugier dans une station-service. «Je ne me sens toujours pas en sécurité», a avoué la lycéenne de 16 ans à l'AFP après la veillée, encore en état de choc.

«Dans notre ville»

«Je crois que ça va vraiment bouleverser la communauté et que ça va être difficile de revenir à la normale», dit-elle. Bailee ne connaissait pas personnellement le tireur mais elle l'avait croisé aux alentours. «Il paraissait être un bon garçon», même s'il semblait ne pas avoir beaucoup d'amis.

Aux premières heures de samedi, des agents du FBI étaient toujours visibles, poursuivant leur enquête dans un caravane bleue liée au suspect. Devant le lycée, où l'électricité était encore allumée par endroits, un ruban jaune de la police tenait les curieux à distance.

Deux jeunes femmes se sont approchées, un bouquet de fleurs à la main. Kali Causey, 20 ans, ancienne élève d'un autre lycée de la région, n'en revient pas que leur petite communauté soit devenue la dernière en date d'une liste de massacres de jeunes Américains dans leur école. «On parlait toujours de Columbine, l'horreur, de Sandy Hook», dit-elle, en référence à deux autres tueries. «Mais ça s'est produit ici, dans notre ville», ajoute-t-elle. «Ça a frappé tout près».

Problèmes psychologiques

Elle n'en veut pas pourtant à la profusion des armes à feu, souvent mise en cause dans les massacres aux Etats-Unis, et certainement un trait de la culture du Texas. «Beaucoup de gens disent que c'est à cause de ça, mais il faut voir plus loin», affirme Kali en accusant désignant des phénomènes comme le harcèlement et les problèmes psychologiques. «Je pense que cela a une plus grande influence que le fait que les armes à feu soient accessibles», assure-t-elle.

Pour la jeune femme, ce qu'elle peut offrir de mieux à la communauté en deuil est d'être simplement disponible pour les familles qui le souhaiteraient. «Vous n'avez qu'à les entourer de vos bras et leur dire que vous êtes là».

(L'essentiel/nxp/afp)