États-Unis-Iran

22 mai 2019 08:30; Act: 22.05.2019 08:36 Print

«Quelqu'un cherche à les pousser au conflit»

Depuis le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement des sanctions économiques contre l'Iran, rien ne va plus entre Washington et Téhéran.

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Le président américain Donald Trump et son homologue iranien Hassan Rohani. (photo: AFP)

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Depuis le retrait unilatéral américain il y a un an de l'accord international sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement des sanctions économiques contre l'Iran, rien ne va plus entre Washington et Téhéran, tous deux alliés de Bagdad. Le classement des Gardiens de la Révolution, armée d'élite du régime iranien, sur la liste américaine des organisations «terroristes» et le renforcement début mai de la présence militaire américaine au Moyen-Orient face à de présumées «menaces» iraniennes, ont encore envenimé la situation, jusqu'à faire craindre une confrontation armée.

Voisin de l'Irak, l'Iran, via des groupes membres des forces paramilitaires irakiennes du Hachd al-Chaabi, a joué un rôle important dans la guerre victorieuse de Bagdad contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Et l'aviation militaire des Etats-Unis a été, elle, un atout crucial dans cette victoire. De plus, l'Irak dépend en partie de l'Iran pour son approvisionnement en gaz et électricité et Washington ne cesse de l'appeler à diversifier ses fournisseurs.

Menace «imminente»

Si les menaces et les invectives fusent entre Washington et Téhéran, les deux capitales ne cessent d'affirmer qu'elles ne veulent pas la guerre. Mais le tir d'une roquette dimanche sur la Zone verte à Bagdad, où siège entre autres l'ambassade des Etats-Unis, montre que «quelqu'un cherche à pousser Téhéran et Washington à la confrontation» en Irak, estime l'analyste politique irakien, Essam Al-Fili. «Il y a celui qui veut combattre l'Iran en recourant à d'autres armes que les siennes, et celui qui veut faire de même contre les Etats-Unis», dit-il à l'AFP.

Le tir sur la Zone verte, non revendiqué, est survenu quelques jours après le rappel par Washington de ses diplomates non essentiels en Irak. Les Etats-Unis ont argué que des groupes armés irakiens pro-iraniens constituaient une menace «imminente» contre ce personnel. Plusieurs groupes du Hachd al-Chaabi ont toutefois nié tout lien avec ce tir. Le chef du groupe Assaïb Ahl al-Haq, Qaïs al-Khazali, y a vu «un intérêt israélien». Hadi al-Ameri, chef de la très puissante organisation pro-iranienne Badr, a lui affirmé «que les parties en conflit» ne voulaient «pas la guerre», et le Hezbollah irakien a jugé le tir «injustifié». Pour le géopolitologue Karim Bitar, «la rhétorique enflammée des dernières semaines sert directement les intérêts des durs du régime en Iran, et ravit dans le même temps l'Arabie saoudite et Israël, qui sont déterminés à régler d'anciens comptes avec Téhéran».

(L'essentiel/afp)