Côte d'Ivoire

11 février 2019 09:25; Act: 11.02.2019 15:52 Print

«Quelqu'un doit payer pour les 3 000 morts»

Le président ivoirien Ouattara, en réaction après l'acquittement de Laurent Gbagbo, a martelé que la justice punirait les responsables des morts de la crise de 2010-2011.

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Alassane Ouattara, lors d'un congrès à Abidjan, en janvier 2019. (photo: archive/photo d'illustration)

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Le président ivoirien Alassane Ouattara a refusé de commenter l'acquittement en première instance de l'ancien président Laurent Gbagbo par la Cour pénale internationale (CPI) en janvier mais s'est interrogé sur la responsabilité des morts lors de la crise post-électorale de 2010-2011. «Aucune réaction de ma part. C'est un procès qui continue. Quelqu'un doit bien être responsable de ces 3 000 morts. J'espère que la justice fera la lumière sur cela, c'est ce que les victimes demandent», a déclaré Alassane Ouattara, lors d'une interview à Radio France Internationale depuis Addis-Abeba, diffusée lundi.

«Nous continuons nos enquêtes pour savoir ceux qui sont responsables», a précisé M. Ouattara, qui a toutefois accordé en août une amnistie à quelque 800 Ivoiriens, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, poursuivis ou condamnés dans le cadre de la crise ivoirienne. Le président a réfuté toute pression de la Côte d'Ivoire sur la CPI dans le but de prolonger la détention ou le procès de M. Gbagbo.

Troisième mandat

«Interférer avec la justice internationale ou nationale, ce n'est comme ça que je gère mon pays. Laissons la justice faire son travail», a-t-il assuré, refusant d'évoquer un éventuel retour de Laurent Gbagbo. «Attendons de voir. Si, si, si, que de châteaux en Espagne!» M Gbagbo, ainsi que Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement ivoirien des Jeunes Patriotes, ont été libérés par la CPI sous conditions. Ils ont été acquittés par la Chambre de première instance et doivent attendre un éventuel appel du procureur.

Le président Ouattara est également revenu sur la démission de la présidence de l'Assemblée nationale de son ancien allié Guillaume Soro, ex-chef de la rébellion, estimant qu'il y avait des divergences idéologiques «mais» pas de problème «entre les deux hommes».

«Je ne suis pas homme à forcer qui que ce soit à démissionner. Soro estimait qu'il n'était pas de la même idéologie. Nous sommes un parti libéral social, et lui, se considère marxiste. Je comprends que ce ne soit pas compatible avec ses convictions. J'ai beaucoup d'estime pour Soro. C'est un jeune que je considère comme un de mes fils. Je n'exclus pas qu'il revienne à la maison», a-t-il lancé. Il n'a pas non plus écarté la probable candidature de Soro à la présidentielle de 2020.

(L'essentiel/nxp/afp)