États-Unis

12 août 2020 07:14; Act: 12.08.2020 10:44 Print

Qui est Kamala Harris, la colistière de Joe Biden?

Ancienne procureure de Californie, la candidate à la vice-présidente des États-Unis affichait une ligne dure et ne fait pas l'unanimité dans son État d'origine.

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Kamala Harris pourrait devenir la première femme et la première personne de couleur à occuper le poste de vice-Présidente des États-Unis. (photo: AFP/Robyn Beck)

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Bilan marqué par l'attentisme, ex-procureure à la réputation «dure» qui passe mal auprès d'une partie des électeurs noirs et d'origine latino-américaine, la sénatrice Kamala Harris, choisie par Joe Biden pour l'épauler dans la course présidentielle, ne fait pas l'unanimité dans sa Californie natale. «En Californie, Kamala Harris avait la réputation d'une procureure qui attendait plutôt qu'elle ne montrait le chemin, qui ne bougeait sur les sujets polémiques que lorsqu'elle voyait qu'ils étaient politiquement viables», résumait en juin le quotidien Sacramento Bee.

Et d'égrener les revirements politico-juridiques de Mme Harris en tant que procureure du district de San Francisco (2003 à 2010) puis procureure générale pour toute la Californie et ses 40 millions d'habitants, jusqu'à son élection au Congrès en 2016. En 2004, elle s'opposait à l'assouplissement des peines planchers, qu'elle a pourtant assuré vouloir réformer lorsqu'elle a fait campagne l'an dernier pour l'investiture démocrate à l'élection présidentielle.

En 2010, elle avait tout simplement éclaté de rire à une question sur la légalisation du cannabis à titre récréatif, un enjeu pourtant très emblématique en Californie, qui a fini par l'adopter en 2018. Certes, elle n'était pas la seule à l'époque à traîner les pieds sur ces sujets, mais la sénatrice afro-américaine, née dans la contestataire ville d'Oakland, n'a certainement pas laissé une image de «procureure progressiste», contrairement à la façon dont elle avait elle-même qualifié son bilan.

«De manière répétée, lorsque les progressistes l'exhortaient à s'investir dans des réformes de la justice criminelle Mme Harris s'y est opposée ou est restée silencieuse», résumait en janvier 2019 Lara Bazelon, juriste et ancienne responsable d'une ONG californienne combattant les erreurs judiciaires. Mme Harris «était trop souvent du mauvais côté de l'histoire», accusait-elle dans les colonnes du New York Times.

«Un enfant sans éducation, c'est l'équivalent d'un crime»

Sur les violences policières, sujet d'actualité particulièrement sensible, elle n'a pas non plus fait preuve d'une grande audace. Elle s'était par exemple abstenue en 2015 de prendre position sur une proposition de loi visant à rendre systématiques les enquêtes indépendantes en cas d'«usage de la force mortelle» par un policier. Des cas qui affectent de manière disproportionnée les populations noire et hispanique (respectivement 6% et 37% de la population californienne), dont beaucoup n'ont toujours pas pardonné la tiédeur de leur sénatrice.

Une autre décision a valu une pluie de critiques à Kamala Harris: à San Francisco, elle avait pris le parti de poursuivre des parents d'enfants manquant trop souvent l'école, là encore souvent au détriment de foyers défavorisés issus de minorités ethniques. «Je crois qu'un enfant qui n'a pas d'éducation est l'équivalent d'un crime», s'était-elle justifiée à l'époque. Mme Harris a toutefois aussi été à l'origine d'initiatives bien accueillies chez les réformateurs.

«Des programmes progressistes»

Elle a initié un programme offrant aux primo-délinquants l'abandon des poursuites en échange d'une formation professionnelle, et a imposé à toutes les forces de l'ordre californiennes de former leurs agents contre les discriminations et autres arrestations «au faciès». Pour les militants des droits civiques mais aussi les policiers, le succès le plus emblématique de Kamala Harris fut la création d'un portail internet ouvrant au public une kyrielle de données judiciaires, en particulier les violences commises par la police lors d'arrestations, pour rétablir la réalité des faits.

«Ça a vraiment beaucoup aidé notre mouvement, parce qu'avant ça il n'y avait aucun endroit où l'on pouvait trouver les chiffres», selon Melina Abdullah, co-fondatrice de Black Lives Matter à Los Angeles. «Elle a mis en place des programmes très progressistes, un point c'est tout», martèle l'avocate Niki Solis, qui a souvent plaidé face à Mme Harris lorsque celle-ci était procureure à San Francisco.

«En tant que procureure générale de l'État de Californie, elle devait défendre au tribunal les lois en place qu'elle soit d'accord avec elles ou non», explique Jack Pitney, professeur de politique américaine de l'université californienne Claremont McKenna College. Pour ce spécialiste, les critiques disant que Kamala Harris n'était pas assez progressiste lorsqu'elle était procureure sont au contraire un atout pour l'élection de novembre alors que les conservateurs vont très probablement l'accuser d'être trop «à gauche» et «radicale». Cela permettra ainsi à Mme Harris de dire «regardez tous ces progressistes, ils me critiquent en disant que je suis trop conservatrice, je dois sûrement être pile à la bonne place», souligne M. Pitney.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Billy le 12.08.2020 09:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il va de tout façon perdre, alors les efforts depender pour rien

  • Billy le 12.08.2020 10:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trump 65% and Joe 35%

  • georgette le 12.08.2020 09:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C’est perdue d’avance pour Biden. Je ne sais même pas si il tiendra jusqu’à Novembre.

Les derniers commentaires

  • Sleeping Deep le 12.08.2020 15:27 Report dénoncer ce commentaire

    Les russes on fait des fusées hypersoniques, quand on les détecte c'est déjà trop tard. Quand je regarde la tête de Biden je pense que une balle de ping pong aurait suffit

  • arno le 12.08.2020 10:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @TontonB ben alors ne dites rien car c’est loin d’être gagné. Trump a un socle électoral hyper solide et qui le suivra jusqu’au bout. Tous les observateurs « sérieux » vous le diront rien n’est joué jusqu’au bout (les indécis prennent en général position à la toute fin)

    • Mike le 12.08.2020 21:10 Report dénoncer ce commentaire

      Et toi tu te prends pour quoi, celui qui sait tout? Trump a le soutien du pouvoir russe qui veut le faire réélire, mais Pékin veut absolument dégager Trump à tout prix, on ne t'a rien dit à l'usine?

  • Mike le 12.08.2020 10:05 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut detruire les globalistes Eugenics en tout le monde. L'élite globaliste Corporativiste veux des esclaves veut détruite les états nación détruire la religion surtout la catholique parce cette religion aujourd'hui defend luberte de culte la liberte de parler la Vie la liberté idéologique le livre arbitre pas l'esclavage. On vois bien comme les grand multinacionales collaborent activement avec des Government dictatoriales pour conttoler les peuples comme en Chine avec le système de crédit social pour mettre tiut le monde coome en prison. qu'on developed compagnies Google facebook Microsoft

  • Billy le 12.08.2020 10:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trump 65% and Joe 35%

    • Joel le 12.08.2020 13:58 Report dénoncer ce commentaire

      @Billy: ou alors Joe 65% et Dumpf 35%...qui sait..

    • Billy le 12.08.2020 16:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      On verra ce n'est pas par ce que tu t'appelle Joël que ton copain Joe gagnera tu te trompe

  • Jeff le 12.08.2020 10:00 Report dénoncer ce commentaire

    pas une erreur stratégique. je trouve qu'elle contrebalance l'ancre bien à gauche de Biden pour attirer l'électorat de la franche gauche républicaine... ça peut marcher