En Corée du Sud

11 mai 2020 21:38; Act: 11.05.2020 21:39 Print

Rebond des infections, les fêtards accusés

Une flambée de cas de coronavirus dans le quartier gay de Séoul ravive l’homophobie au sein d’une société très prude.

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Rouvertes récemment, les boîtes de nuit du quartier branché d’Itaewon sont bouclées à nouveau.  (photo: DR)

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Ces dernières semaines, l’épidémie semblait sous contrôle et la vie reprenait son cours en Corée du Sud. Mais Séoul constate depuis peu un rebond des infections: 35 cas dimanche, dont 29 en lien avec la vie nocturne. Dans un premier temps, les autorités ont incriminé un homme de 29 ans, testé positif au Covid-19 après avoir passé une soirée dans cinq clubs d’un des quartiers branchés de Séoul, au contact de quelque 3000 personnes. Elles ont ensuite nuancé cette version, parlant «d’origines multiples» pour ces contaminations.

Cette annonce a déclenché une réaction violente dans l’opinion, alimentée par le fait que des bars gay étaient au cœur de ce nouveau foyer.

Livrés en pâture

Dans un pays où l’homosexualité est largement taboue, les médias ont fustigé l’immoralité des fêtards, dont l’identité, l’âge, voire le lieu de travail ont été livrés en pâture. Ces dénonciations, combinées au système de traçage mis en place très tôt dans le pays, ont instauré un climat de psychose parmi les gays sud-coréens.

«J’admets que c’était une erreur de sortir dans le quartier gay, mais c’est le seul moment où je peux être moi-même», explique Lee, un trentenaire cité par le quotidien britannique The Guardian. Il a été avisé que l’utilisation de sa carte de crédit dans un des clubs avait été signalée aux autorités. Sa hantise: être testé positif et perdre son emploi.

Le Premier ministre, Chung Sye-kyun, a appelé le public à cesser de stigmatiser «certaines communautés».

(L'essentiel/arg/afp)