Bolivie

22 octobre 2019 07:56; Act: 22.10.2019 09:56 Print

Revirement: Morales vers une victoire au 1er tour

Le président sortant Evo Morales serait finalement victorieux dès le premier tour. Un revirement que son rival n'accepte pas.

Evo Morales (à droite) pourrait finalement l'emporter dès le premier tour.

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De violents incidents ont éclaté lundi à travers la Bolivie, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant, Evo Morales, vainqueur au premier tour. Son opposant principal et les observateurs dénoncent ce revirement inexpliqué.

À Sucre, la capitale constitutionnelle, une foule a mis le feu au tribunal électoral départemental, tandis que des affrontements avec la police se produisaient à La Paz (ouest) ou à Potosi (sud-est), et que le local de campagne du parti au pouvoir était saccagé à Oruro (ouest), ont rapporté La Razon digital, Los Tiempos et l'AFP.

«Fraude!», «fraude!», «fraude!», pouvait-on entendre dans certaines des vidéos mises en ligne. Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille.

Lundi à 21h (3h au Luxembourg mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa, à 36,73%, selon 95,3% des bulletins dépouillés. Soit un écart de 10,14 points de pourcentage. Pour s'imposer dès le premier tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

«Inquiétude» et «surprise»

Une situation dénoncée par les observateurs de l'Organisation des États américains (OEA), présents en Bolivie pour l'élection présidentielle. Selon un communiqué, «la mission de l'OEA fait part de sa profonde inquiétude et surprise face au changement radical et difficile à justifier concernant la tendance des résultats préliminaires, après la clôture du scrutin» dimanche soir. Ceux-ci ouvraient la voie à un second tour entre le président sortant Morales et son principal adversaire Carlos Mesa.

«À 20h10 hier (dimanche), par une décision de son assemblée plénière, le TSE a cessé de diffuser des résultats partiels, avec plus de 80% des bulletins dépouillés. 24 heures plus tard, le TSE a publié des chiffres avec un changement inexplicable de tendance qui modifie drastiquement l'issue de l'élection et entraîne une perte de confiance dans le processus électoral», a ajouté le texte.

Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. «Nous n'allons pas reconnaître ces résultats qui font partie d'une fraude réalisée de manière honteuse et qui est en train de placer la société bolivienne dans une situation de tension inutile», a déclaré Carlos Mesa, à des médias à Santa Cruz (est). Pour l'heure, les résultats officiels n'avaient pas été proclamés.

(L'essentiel/afp)