Grèce

15 juin 2013 10:51; Act: 15.06.2013 10:54 Print

Samaras propose de rouvrir une TV publique

Le Premier ministre grec Antonis Samaras, sous pression, a proposé vendredi l'embauche d'un petit nombre de salariés pour relancer un programme d'informations dans l'audiovisuel public.

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«Une commission temporaire bénéficiant d'un large soutien des partis (politiques) peut être nommée pour engager un petit nombre d'employés afin que la diffusion de programmes d'information puisse reprendre immédiatement», a dit M. Samaras dans un communiqué, publié au quatrième jour de manifestations devant le siège de la radio-télévision publique ERT. Après le désaccord ouvert de ses partenaires gouvernementaux, les socialistes du Pasok et de la gauche modérée (DIMAR), M. Samaras est contraint de trouver une solution «commune» dans les prochains jours. Une réunion est prévue lundi entre les trois dirigeants de la coalition.

Selon une source gouvernementale, le but de cette rencontre est de rétablir «le langage commun» entre les trois partis et de «trouver une solution commune». «C'est faisable car l'objectif des trois partenaires est une télévision indépendante sans les dysfonctionnements qui pesaient sur l'ERT». PASOK et DIMAR réclament l'annulation de l'acte législatif portant seulement les signatures de M. Samaras et du ministre des Finances Yannis Stournaras, qui a entraîné l'interruption des programmes de l'ERT mardi soir et l'extinction du signal par des forces de l'ordre.

Résolution

Le président l'Union européenne de radiotélévision (UER) Jean-Paul Philippot, s'est déplacé vendredi à Athènes pour remettre à M. Stournaras une lettre «signée par 51 directeurs de chaînes et radios publiques européennes». Cette missive demande au gouvernement grec «de renverser sa décision» sur la fermeture de l'ERT et de «rétablir son signal». Répondant à une question au parlement d'Alexis Tsipras, chef de la Gauche radicale Syriza, M. Stournara, a assuré qu'il ne s'agissait pas de fermer la radio-télévision publique «mais de la restructurer» en créant une nouvelle station cette fois sans «dysfonctionnement».

Le ministre faisait allusion au projet de loi présenté mercredi par le porte-parole du gouvernement Simos Kédikoglou, visant à la création «d'une nouvelle télévision, internet et radio», appelée Nerit avec 1200 employés contre 2700 de l'ERT qui seront licenciés. La Grèce s'est engagée auprès de ses créanciers, Union européenne et FMI, à restructurer son service public afin de réduire ses déficits et à se séparer de milliers de fonctionnaires d'ici fin 2014, dont 2000 au début de l'été 2013.

Occupation du siège de l'ERT

Pour la quatrième journée consécutive, des centaines d'employés ont poursuivi l'occupation du siège de l'ERT à Athènes où des journalistes continuaient de produire des programmes concernant surtout les manifestations de soutien, retransmis en direct sur des sites internet et grâce au signal analogique de l'UER. Une grande affiche à l'entrée du bâtiment présentait un écran noir avec l'inscription «Democracy ? No signal». «Nous allons continuer l'occupation jusqu'à la réouverture de l'ERT», a indiqué à l'AFP Nikos Tsimpidas, un représentant du syndicat des employés de la radio-télévision publique.

Qualifiant la radio-télévision publique de «foyer de privilèges, d'opacité et de gaspillage», M. Samaras s'est lancé dans un bras de fer avec l'ERT après des mois des arrêts de travail des employés de la station, qui n'ont pas permis, selon lui, «une couverture» suffisante de ses déplacements à l'étranger ou ses rencontres à Athènes avec ses homologues européens. Mais les syndicats ripostent que M. Samaras, lors de la prise du pouvoir il y a un an, a nommé une nouvelle direction à l'ERT et embauché plusieurs employés, en continuant la politique «de clientélisme» suivie par les gouvernements précédents depuis des décennies.

(L'essentiel Online/ats)