Traité de Schengen

26 avril 2012 12:44; Act: 26.04.2012 14:04 Print

Sarkozy irrite les capitales européennes

LUXEMBOURG - La France va réclamer jeudi la possibilité de fermer les frontières nationales en cas de forte pression migratoire. Une demande qui embarrasse ses partenaires européens.

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La demande de Paris de rétablir des contrôles aux frontières nationales pendant un mois fait planer un sentiment de malaise au sein des partenaires européens. (photo: AFP)

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Lancé à la conquête des suffrages de l'extrême droite, le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, presse ses partenaires de l'UE d'accepter la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières nationales pendant un mois en cas de défaillance à une frontière extérieure de l'espace Schengen et de prolonger cette mesure si nécessaire. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, comptait défendre cette position jeudi lors d'une réunion avec ses homologues de l'UE à Luxembourg.

Mais les premières réactions sont assez froides. La ministre belge Joëlle Milquet a mis les pieds dans le plat à son arrivée. «Ça n'a rien de neuf et je pense que les agendas électoraux me semblent plus importants que le fond des dossiers qui existent depuis très longtemps», a-t-elle commenté. Interrogée sur le sentiment d'être «instrumentalisée», elle a répondu: «Je pense, un peu». Paris mise sur le soutien de l'Allemagne, mais la manière de procéder de Claude Guéant a mis dans l'embarras son homologue Hans-Peter Friedrich, cosignataire d'une lettre réclamant un «mécanisme de compensation pour le cas où un État est incapable d'assumer ses obligations au titre de la protection des frontières extérieures de l'UE».

«Notre devoir est de sécuriser les frontières externes de l'Europe»

«J'écris des lettres avec mes homologues sur des sujets importants pour nous, mais toutes les lettres ne sont pas destinées à être publiées», a-t-il déploré à son arrivée à Luxembourg. L'empressement du ministre français à diffuser une lettre et clamer le soutien de l'Allemagne en pleine campagne électorale, alors que les thèmes liés à l'immigration enflamment les débats, a déplu à Berlin. Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a été très clair. «Il faut faire attention à ne pas envoyer de mauvais signaux», a-t-il expliqué dans un entretien publié jeudi par l'hebdomadaire Die Zeit.

«Notre devoir est de sécuriser les frontières externes de l'Europe de manière à rendre toute mesure nationale superflue», a-t-il précisé. La demande franco-allemande n'est pas nouvelle. Le débat sur la réforme de Schengen est ouvert depuis mars 2011, à l'initiative de la France, à la suite d'un contentieux avec l'Italie. Paris a obtenu d'ouvrir un débat sur l'opportunité d'inclure l'immigration comme un événement permettant, dans certaines conditions, de rétablir des contrôles aux frontières nationales. La Commission a présenté des propositions «pour un mécanisme de décision européen, car c'est ce qui est nécessaire», a souligné jeudi la commissaire en charge des Affaires intérieures, Cécilia Malmström. «Je n'ai pas changé d'avis», a-t-elle martelé.

L'idée est d'éviter les décisions unilatérales, plaide-t-elle. Mme Malmström a en revanche éludé les questions sur l'incidence de l'élection française. «Il y a toujours des campagnes électorales en Europe», a-t-elle ironisé. La requête franco-allemande va loin, car elle vise à «exclure temporairement» les États membres de Schengen dont les confins sont devenus des frontières extérieures, lorsqu'ils ne sont pas en mesure de les contrôler. La Grèce est directement visée. Nicolas Sarkozy a été très clair: «La frontière entre la Grèce et la Turquie n'est pas défendue», «n'est pas contrôlée, n'est pas tenue». Athènes se dit en mesure d'assumer ses obligations, si la Turquie agit pour tarir le flux des clandestins venus par son territoire. Mais Ankara veut en contrepartie des facilités de visa pour ses ressortissants dans l'UE, ce que l'Allemagne bloque.

(L'essentiel Online/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • EL le 26.04.2012 16:12 Report dénoncer ce commentaire

    Laisser le PS venir et vous verrez le flux migratoire... Aller les portes sont ouvertes, et les problèmes persisteront???

  • jimmy le 26.04.2012 17:36 Report dénoncer ce commentaire

    Mais c'est quand même assez hallucinant de constater à quel point les gens ont peur de perdre le petit confort dans lequel ils vivent.Et les étrangers sont leur peur première. Ah les esprits étroits...

  • Nicolas Le Pen le 26.04.2012 15:52 Report dénoncer ce commentaire

    Je crois que personne ne l'aime notre petit Nicolas, il est vrai qu'il doit partir, mais rien ne nous dit que F. Hollande fera mieux que lui!!!

Les derniers commentaires

  • Ignorant 5 le 27.04.2012 09:04 Report dénoncer ce commentaire

    Par contre les autres Européens disent qu'il dit cela pour calmer la droite. Chez nous on va à gauche ou à droite selon ce que nous devons faire, mais chez eux c'est important. Par exemple une voiture doit laisser passer celles qui viennent de la droite. La droite est importante comme vous voyez, mais pourqupoi est elle contre moi??

  • Ignorant 5 le 27.04.2012 08:59 Report dénoncer ce commentaire

    Si nous mettons l'armée tout autour de notre île et qu'ils contrôleraient les mouvements sur la mer ce serait une frontière. En Europe ils en avaient mais ils les ont abolies. Mais dès qu'ils m'ont vu en France leur président (c'est celui qui commande, un peu comme notre chef-sorcier) veut les rétablir parce que les gens auraient peur de moi. Il ne sait pas que moi j'ai plus peur que lui!

  • Flolo le 26.04.2012 19:06 Report dénoncer ce commentaire

    Il araison sarko ,mais il aurait pu lefaire, avant ,j ai l impression qu il est a la bourre le petit nicola

  • cozzolino francis le 26.04.2012 18:02 Report dénoncer ce commentaire

    C'est bizarre cette volonté soudaine de vouloir fermer les frontieres. Mr sarkozy au pouvoir depuis 5 ans, dans le gouvernement chirac comme ministre de l'interieur il ya 10 ans, juge qu'il y a urgence a fermer les frontieres.Découvre t'il le probleme aujourd'hui? Si c'est le cas, c'est une belle preuve d'incompétence, et dans ce cas, il faut le licencier pour faute grave!

  • kempa boy le 26.04.2012 17:47 Report dénoncer ce commentaire

    Tous les politiciens de l'UMP et d'ailleurs savent très bien que Sarko est déjà mort et enterré.