Crise des sous-marins

24 septembre 2021 08:10; Act: 24.09.2021 08:20 Print

Se réconcilier avec Paris «prendra du temps»

Les présidents Joe Biden et Emmanuel Macron se sont expliqués et ont esquissé une détente mercredi, sans renouer pleinement les fils de la confiance.

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Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a rencontré son homologue français Jean-Yves Le Drian à New York. (photo: AFP)

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Les États-Unis ont promis jeudi de passer des paroles aux «actes» pour surmonter la crise avec la France, tout en concédant, tout comme Paris, que cela prendrait du «temps». Les deux pays sont en froid depuis l’annonce le 15 septembre par Washington d’un partenariat stratégique avec l’Australie et le Royaume-Uni, qui s’est soldé par l’annulation d’un mégacontrat de sous-marins français à Canberra. Les présidents Joe Biden et Emmanuel Macron se sont expliqués mercredi, lors d’un entretien téléphonique, sans renouer pleinement les fils de la confiance.

«Nous reconnaissons que cela prendra du temps et beaucoup de travail», a admis le secrétaire d’État américain Antony Blinken à l’issue d’un tête-à-tête avec son homologue français Jean-Yves Le Drian en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. «Cela se traduira non seulement par des déclarations, mais aussi des actes», a-t-il assuré, visiblement affecté par cette poussée de fièvre entre les deux pays.

Rencontre dans la plus grande discrétion

Francophone et francophile – il a vécu adolescent à Paris – Antony Blinken a été reçu en «ami» de la France en juin lors de sa première visite de secrétaire d’État dans ce pays. La relation entre les deux ministres était jusqu’ici cordiale et chaleureuse. Jean-Yves Le Drian avait planté le décor dans les mêmes termes quelques heures plus tôt: la sortie de crise va prendre du «temps» et réclamer des «actes», a-t-il martelé dans un communiqué à l’issue de l’entretien entre les deux hommes.

La rencontre, qui a eu lieu dans les locaux de la mission diplomatique française auprès de l’ONU au 44e étage d’un immeuble new-yorkais a duré environ une heure. Elle s’est tenue dans la plus grande discrétion, à l’abri des micros et des caméras.

«Retour à la normale»

Depuis le début de la semaine, le ministre français, après avoir eu des mots très durs à l’égard des États-Unis, refusait tout entretien bilatéral avec son homologue. Paris dénonce des méthodes d’un autre âge entre alliés, au sein de l’Otan comme en Indo-Pacifique, et réclame plus de respect pour les intérêts européens.

Joe Biden et Emmanuel Macron ont esquissé une détente mercredi, dans la crise diplomatique la plus grave entre ces deux alliés historiques depuis le «non» français à la guerre d’Irak en 2003. Le président américain a semblé faire son mea-culpa en convenant que des «consultations ouvertes» auraient «permis d’éviter cette situation». Il a concédé que la France et l’UE avaient un rôle à jouer en Indo-Pacifique pour contrer les ambitions chinoises, priorité numéro un des États-Unis.

(L'essentiel/AFP)