Explosion à Kaboul

03 septembre 2019 07:23; Act: 03.09.2019 09:40 Print

Seize morts et plus de cent blessés

Un tracteur chargé d'explosifs a causé la mort de 16 civils et en a blessé plus d'une centaine, lundi soir, à Kaboul.

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Devant un hôpital à Kaboul, le 3 septembre 2019.

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Au moins 16 civils ont péri dans un attentat revendiqué par les talibans qui a secoué Kaboul tard lundi, au moment où l'émissaire américain Zalmay Khalilzad s'y trouve en visite pour discuter d'un accord de paix avec les insurgés. «L'explosion a été causée par un tracteur chargé d'explosifs», a précisé tôt mardi un porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi, ajoutant que 119 personnes avaient également été blessées.

La déflagration, qui a été suivie de tirs d'armes à feu et de l'explosion d'une station service envahie par les flammes, s'est produite près du vaste complexe de Green Village, qui abrite des agences d'aide et des organisations internationales. Cinq assaillants ont été tués et les opérations de recherche et de sauvetage se sont poursuivies jusqu'à 5h du matin heure locale (2h30 au Luxembourg), a précisé M. Rahimi.

Revendication des talibans

Les talibans ont revendiqué l'attaque, menée selon leur porte-parole Zabihullah Mujahid par un kamikaze et un commando. Elle s'est produite au moment même où la télévision afghane diffusait une interview de Zalmay Khalilzad, dans laquelle il évoquait la conclusion d'un possible prochain accord de paix avec les talibans.

M. Khalilzad, ancien ambassadeur américain en Irak et en Afghanistan, d'origine afghane, était arrivé dimanche soir à Kaboul. Il s'est entretenu dès son arrivée avec le président Ashraf Ghani pour faire le point à l'issue du 9e cycle de négociations avec les talibans tout juste conclu à Doha. Cela fait un an que M. Khalilzad discute d'un compromis avec les insurgés pour tenter de mettre fin à 18 ans de guerre en Afghanistan, et un accord historique en ce sens est désormais considéré comme imminent.

Le gouvernement afghan a jusqu'ici été largement tenu à l'écart des pourparlers de Doha, les talibans arguant qu'il n'est qu'une marionnette de Washington. M. Khalilzad a «montré» lundi au président un exemplaire du projet d'accord, selon des responsables gouvernementaux. «Nous allons étudier le document et les discussions avec l'ambassadeur Khalilzad et son équipe vont se poursuivre», a réagi sur Twitter un conseiller du président, Waheed Omar.

Cinq bases

Le texte prévoit que l'armée américaine retirera ses forces de cinq bases militaires d'Afghanistan si les talibans tiennent leurs engagements, a révélé M. Khalilzad lundi, selon un extrait d'un entretien à la chaîne afghane Tolo News. «Nous sommes tombés d'accord, si les conditions sont conformes à l'accord, que nous quitterons d'ici à 135 jours cinq bases dans lesquelles nous sommes présents actuellement», a-t-il ajouté.

Quelque 13 000 militaires américains sont actuellement déployés en Afghanistan et le président américain Donald Trump a déclaré jeudi dernier qu'en cas d'accord, 8 600 soldats américains resteraient dans un premier temps dans le pays.

(L'essentiel/afp)