Fusillade à Las Vegas

02 octobre 2017 11:49; Act: 04.10.2017 09:05 Print

«Soirée d'horreur»: il tirait depuis le 32e étage

Un Américain sexagénaire a tué au moins 58 spectateurs d'un concert en plein air dimanche soir à Las Vegas, commettant la pire fusillade de l'histoire moderne des États-Unis.

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Perché dans un hôtel adjacent, surarmé, il s'est apparemment suicidé avant que les policiers ne l'atteignent. Le bilan dépasse celui de la boîte gay d'Orlando en juin 2016, quand 49 personnes avaient été assassinées. Plus de 400 festivaliers ont été transportées dans les hôpitaux débordés de cette ville du Nevada, capitale du jeu et du divertissement, dans le désert. Le bilan, a précisé le shérif Joseph Lombardo au petit matin, est provisoire. Le tireur, Stephen Craig Paddock, s'était installé au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, massif établissement visible des quatre coins de Las Vegas.

Des images amateurs montrent la panique parmi les 22 000 amateurs de musique country présents au concert, alors que le chanteur Jason Aldean se produisait sur scène. De longues et terribles rafales sont audibles. Entre les tirs, des gens tentent une échappée, sautant comme ils le peuvent des barrières. D'autres se couchent à plat ventre, certains protégeant de leurs corps les plus vulnérables. Le président américain Donald Trump a offert ses «sincères condoléances» aux victimes sur Twitter».

«On a entendu pop-pop-pop-pop»

Selon les témoignages, des coups de feu ont été tirés contre de nombreuses personnes venues assister à ce concert du chanteur Jason Aldean. Dans un message sur Instagram, le musicien a indiqué que son groupe et lui étaient sains et saufs. «La soirée a été au-delà de l'horreur», a-t-il confié, en dédiant «ses pensées et ses prières» à tous ceux qui se trouvaient dimanche à son concert.

«Nous étions en train de passer une très bonne soirée, quand nous avons entendu ce qui ressemblait à des pétards. Il s'agissait en fait d'une arme automatique en pleine action, mais ça ressemblait à des bruits de pétards», a raconté au Las Vagas Sun Joe Pitz, un témoin.

«Ça a commencé comme un bruit de verre brisé. On a regardé autour de nous pour savoir ce qui se passait. Quelques minutes plus tard, on a entendu pop-pop-pop-pop. On a pensé que c'était des feux d'artifice ou des pétards. Et on a réalisé que ce n'était pas le cas, que c'était des coups de feu», a raconté une spectatrice, Monique Dekerf, à la chaîne CNN. «On a pensé pour un moment, O.-K. on va bien, il n'y a plus de tirs et puis ça a recommencé», a-t-elle ajouté. Sa sœur Rachel, qui assistait avec elle au concert, a estimé que «les tirs venaient de la droite (...). C'était juste là, pas loin de nous», a-t-elle raconté.

Des images provenant des abords du Mandalay Bay montraient une foule participant à un concert interrompu par des bruits ressemblant à des rafales d'arme automatique. Sur des photos prises au moment du concert, on peut voir plusieurs personnes blessées, les membres ensanglantés, allongées sur le sol devant la scène, parfois réconfortées par un proche. La fusillade a provoqué un vaste mouvement de foule et des scènes d'affolement parmi le public du concert et dans la ville du Nevada, connue pour ses casinos et ses hôtels de luxe.

Plusieurs lieux de concerts ou de divertissements ont été la cible de fusillades dans les années récentes. Aux États-Unis, une fusillade avait eu lieu dans une boîte de nuit à Orlando en juin 2016 (49 morts). À Paris, en novembre 2015, un concert des Eagles of death metal avait été visé par un attentat dans la salle du Bataclan (90 morts). Plus récemment, le 22 mai 2017, 23 personnes avaient été tuées lors d'un spectacle de la chanteuse américaine Ariana Grande, dans la ville britannique de Manchester. Rien ne permet à ce stade de relier la tuerie de Las Vegas, dimanche soir, avec ces attentats, tous en relation avec le groupe jihadiste État islamique.

(L'essentiel/AFP)