239 passagers «envolés»

14 mars 2014 11:56; Act: 15.03.2014 16:18 Print

Toujours plus de mystères autour de l'avion disparu

Comment dans un monde connecté, truffé de satellites et où les États disposent de toujours plus de moyens de recherche, un Boeing 777 peut disparaître des écrans radars?

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Des experts du secteur de l'aviation doutaient vendredi de l'hypothèse selon laquelle le Boeing de Malaysia Airlines disparu aurait parcouru des milliers de kilomètres hors de son trajet prévu, survolant sans être détecté une région sensible parsemée de radars militaires. Cette possibilité a toutefois été prise au sérieux par Washington qui a redéployé son destroyer USS Kidd de la côte orientale de la péninsule malaisienne - où le vol MH370 s'est volatilisé samedi avec 239 personnes à bord - en direction de l'Océan indien, de l'autre côté.

«Qu'un appareil disparaisse totalement, à ce niveau de technologie, à cette époque, dans le ciel très animé d'Asie du sud-est est totalement incongru», a relevé Neil Hansford, président du cabinet de consultants Strategic Aviation Solutions. «Mais on doit se demander: pourquoi l'USS Kidd fait-il route à toute allure vers la mer Andaman?», s'est-il interrogé, jugeant «probable» que l'avion soit sur la côte est de la péninsule malaisienne. Le changement de cap est intervenu alors que plusieurs médias américains, citant des responsables américains, ont indiqué que l'appareil avait continué à transmettre un signal pendant quatre heures après sa disparition, une heure après avoir décollé de Kuala Lumpur pour Pékin.

L'avion a-t-il fait demi-tour?

S'il avait volé plusieurs heures après sa disparition, cela accréditerait plutôt la thèse d'une prise de contrôle du cockpit. Cette théorie est renforcée par d'autres informations non confirmées selon lesquelles les deux principaux systèmes de communication de l'avion auraient arrêté de fonctionner à 14 minutes d'intervalle, suggérant une opération manuelle. Mais ce laps de temps pourrait aussi être expliqué par un incendie.

Neil Hansford, pour qui tous ces éléments accréditent l'hypothèse d'une catastrophe soudaine, comme une explosion en plein ciel, s'est montré sceptique concernant l'hypothèse d'un vol de plusieurs heures à travers l'espace aérien de divers pays. «Un appareil sans transpondeur, dans l'espace aérien de n'importe qui, aurait créé un incident militaire, et quelqu'un aurait fait quelque chose».

Une histoire incroyable

L'Asie du sud-est, en particulier la mer de Chine méridionale, est un terrain de disputes territoriales impliquant de la part des différentes parties une surveillance de chaque instant avec les équipements les plus modernes. Depuis le point où il a officiellement disparu des écrans radars, le vol MH370 aurait dû traverser des espaces aériens surveillés par les radars militaires de Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Chine et Inde. «Comment a-t-il fait pour passer tout ça?», s'est interrogé Gerry Soejatman, analyste basé à Jakarta.

Une éventualité est que des systèmes radars aient détecté quelque chose, mais pas clairement, ajouté à une réticence à dévoiler des données pouvant révéler des détails sur les capacités des radars militaires. «Je suis sûr qu'il y a beaucoup de discussions en coulisses sur quelles informations dévoiler pour aider les recherches de l'appareil, et ce que vous ne voulez pas dans le domaine public», a déclaré David Kaminski-Morrow, du magazine Flight International. Pour les experts, les spéculations sont alimentées par l'incrédulité du public quant à la volatilisation pure et simple d'un gros porteur, à une époque où les smartphones ont envahi la planète.

(L'essentiel/AFP)