Discussions États-Unis-Iran
01 août 2018 08:42; Act: 01.08.2018 08:47 Print
«Très bientôt... ou peut-être pas, c'est bien aussi»
Donald Trump a de nouveau évoqué mardi des discussions avec l'Iran. «Les effets d'annonce ne fonctionneront pas», lui rétorque Téhéran.

«J'ai le sentiment que [les Iraniens] nous parleront très bientôt... ou peut-être pas, et c'est bien aussi», a déclaré le président américain. (photo: AFP/Saul Loeb)
Donald Trump a de nouveau évoqué mardi des discussions avec l'Iran qui pourraient selon lui intervenir «très bientôt», tandis que Téhéran a accueilli avec scepticisme l'offre du président américain la veille de rencontrer les dirigeants iraniens «quand ils veulent». Rappelant sa décision de retirer les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien signé avec les grandes puissances en 2015, M. Trump a déclaré lors d'un discours à Tampa (Floride): «J'espère que ça ira bien pour l'Iran. Ils ont beaucoup de difficultés en ce moment». «J'ai le sentiment qu'ils nous parleront très bientôt... ou peut-être pas, et c'est bien aussi», a-t-il ajouté.
??Etats-Unis: Donald Trump se dit prêt à discuter avec l'Iran sans condition préalable.?Un changement de ton spectaculaire de la part de D. Trump, qui menaçait Hassan Rohani sur Twitter la semaine dernière encore.?Reportage G. Pourtier 5h06TU#RFIMatin#DirectRFIExtrait ? pic.twitter.com/3gldnH15BT– RFI (@RFI) 31 juillet 2018
President Trump said he is willing to meet with Iran's leadership, without preconditions, "whenever they want." https://t.co/kPNBWR65Xfpic.twitter.com/VNuEHaOJ2k– CNN (@CNN) 30 juillet 2018
Malgré son hostilité déclarée au régime iranien, M. Trump a semblé lundi ouvrir la porte à des discussions au plus haut niveau, sans conditions préalables. Les principaux leaders iraniens se sont abstenus de réagir mardi à cette proposition. Mais les réactions ont été globalement très négatives dans les cercles politiques iraniens, le vice-président du Parlement Ali Motahar affirmant à l'agence Fars que discuter avec M. Trump «serait une humiliation».
«L'Amérique n'est pas fiable», a renchéri le ministre de l'Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, selon Fars. «Après son retrait arrogant et unilatéral de l'accord nucléaire, comment peut-on lui faire confiance?» Sur Twitter, un conseiller du président iranien Hassan Rohani, Hamid Aboutalebi, a assuré que toute discussion avec les États-Unis devait commencer par «le respect de la grande nation iranienne, la réduction des hostilités et le retour des États-Unis dans l'accord nucléaire».
«Impossibles» pourparlers
Peu avant les propos de M. Trump lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères avait qualifié d'«impossibles» des pourparlers avec l'administration américaine actuelle. «Washington révèle sa nature indigne de confiance jour après jour», avait déclaré Bahram Ghasemi selon l'agence Mehr, citant «les mesures hostiles des États-Unis envers l'Iran après leur retrait et le rétablissement des sanctions économiques» américaines contre Téhéran.
Le président Trump s'apprête en effet à réimposer des sanctions en deux étapes, le 6 août et en novembre. Il a dit vouloir obtenir, grâce à sa stratégie de «pression maximale», un nouvel accord qui irait au-delà de la limitation du programme nucléaire de Téhéran et permettrait de limiter son influence régionale et son programme balistique. Pour Mohammad Marandi, professeur à l'Université de Téhéran et l'un des négociateurs iraniens de l'accord nucléaire de 2015, l'Iran «ne peut pas négocier avec quelqu'un qui viole ses engagements internationaux, menace de détruire des pays et change constamment de position».
(L'essentiel/afp)

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