En Russie

27 juin 2019 09:47; Act: 27.06.2019 10:52 Print

Trois sœurs ont poignardé à mort leur père violent

Le cas de trois jeunes filles devant être jugées pour le meurtre de leur père, coupable de constantes violences et agressions sexuelles, a secoué la Russie.

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Les sœurs Khatchatourian ont été battues «pratiquement tous les jours» par leur père.

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Dans l'attente de leur procès, un tribunal moscovite a prolongé, mercredi, l'assignation à résidence de Krestina, Angelina et Maria Khatchatourian, accusées d'avoir préparé ensemble le meurtre de leur père Mikhaïl en juillet 2018. Elles étaient alors âgées respectivement de 19, 18 et 17 ans. Alors qu'elles encourent jusqu'à 20 ans de prison, leur avocat invoque la légitime défense, tout comme des associations de protection des droits des femmes, qui penchent pour une aide psychologique plutôt que des peines de prison ferme.

Les sœurs Khatchatourian ont été battues «pratiquement tous les jours» par leur père, qui les agressait sexuellement de manière régulière et sur lesquelles il lui arrivait de tirer avec un pistolet à air comprimé, a expliqué à l'AFP leur avocat. Des voisins et des proches avaient averti la police, qui comme souvent en Russie n'avait pas pris l'affaire au sérieux. Selon l'avocat, Mikhaïl Khatchatourian avait des relations au sein des forces de l'ordre.

«Si elles n'agissaient pas, l'une d'elles allait mourir»

Après une tentative de suicide en 2016 de Krestina, l'aînée, et un incident au cours duquel leur père avait utilisé contre elles du gaz lacrymogène, les trois sœurs se sont convaincues que, «si elles n'agissaient pas, l'une d'elles allait mourir», selon leur avocat. Une fois leur père endormi, elles l'ont lardé de dizaines de coups de couteau. «Les filles vivaient l'enfer. Elles ont sauvé leurs vies, car elles savaient que personne ne pouvait les aider: ni la police, ni les voisins, ni leurs enseignants», a assuré à l'AFP Anna Rivina, directrice d'un centre d'aide juridique pour les victimes de violences conjugales.

Plus de 160 000 personnes ont signé une pétition en ligne appelant à la libération des sœurs Khatchatourian. D'autres ont manifesté en signe de solidarité devant le siège du parquet ou le tribunal. Aliona Popova, figure des droits des femmes en Russie, estime que la reconnaissance de culpabilité des jeunes filles aurait des conséquences «catastrophiques».

(L'essentiel/ats)